Unruh- Eritmerungen-, p
1. Habn. Farst Bitmarck. t. lE, p. 80 et suiv. Teste et vote de TaUr
liomme il y a plus d'un demi-siècle. » Et les députés faisaient appel au dévouement de l'Allemagne entière, unie et restaurée dans la lutte contre l'ennemi héréditaire. En recevant la détection chaînée de lui apporter l'adresse, le roi exprima de pareilles espérances.
Le même jour, Bismarck vint au Reicbstag pour appuyer la demande de 120 millions de thalcrs, déposée par son gouvernement'. Dans un rapide exposé, ilracontaà la Chambre et à sa manière le conflit avec la France : à l'en croire, le cabinet de Paris n'avait fait au gouvernement prussien que deux communications officielles, l'une le 4 juillet à M. deThîle, et l'autre. le i9, qui étaitia déclaration de guerre ; il omettait la double conversation de BenedetU, en 1869; il tenait pour <i conversations privées a les entretiens du roi et de l'ambassadeur français à Ems; les entretiens du duc de Gramontet de M. de Werther étaient réduits « à la demande inacceptable d'une lettre d'excuses que Sa Majesté devait écrire » ; le chancelier traitait avec un dédain plein de modestie » le fameux télégramme de journal, — la dépêche d'Ems dont U était l'auteur, — unecommunicalion dejournal, ...quin'étaitpoint une pièce officielle, mais un télégramme d'information », et dont il n'avait donné connaissance à ses agents que pour les « orienter sur le développement de l'affaire ». Enfin Bismarck exposa plus longuement l'espaî d'entremise d'un gouvernement ami » et la réponse qu'il avait envoyée à lord Loilus. De ses négociations avec les hommes de Madrid, des délibérations ?i Berlin en mars, des missions de MM. Bemhardi, Bûcher, Versen en Espagne et Salazar en Allemagne, du mystère où tout s'olait tramé, de l'origine réelle du « fameux télégramme », il n'était mot ; et il serait exagéré de l'en cri-
I. Bismarck au R(>ichslaR. 20 juillH 18TB. Discourt, l. U, p. Ul et suiv.
tiquer : l'heure de ia lumière devait tarder de longues années.
Le vote dn crédit ne souffrit aucune difficulté ; il n'y eut au scrutin que deux opposants, amis de la paix, honnis par leurs adversaires comme amis des Français', MM. Bebel et (iebknecht.
Il était inutile de maintenir en session une assemblée désormais sans objet et dont beaucoup de membres élaientappelés sous les drapeaux ; le 21 juillet, Bismarck donna lecture, au Palais du Reichstaf^, dn message de cldture : « Après les paroles que Sa Majesté le roi a par deux fois adressées au Reicbslag, dît-il simplement, il ne me siérait pas d'ajouter quoi que ce fût à ces paroles royales, si Sa Majesté ne m'eût expressément ordonné d'exprimer au Reichstag combien Elle est touchée et reconnaissante de la promptitude et de luDanimité avec lesquelles vous êtes, de votre côté, venus en aide aux besoins de la patrie. » Et le Président Simson pronwiça la clôture de la session sur un solennel <i Vivo le roi Guillaume de E*nisse, le chefsuprême de l'armée allemande î »
Les députés, unis étroitement à la monarchie, représentaient exactement le pays. En Prusse, l'enthousiasme était grand, et, plus grande encore la colère contre l'ennemi maudit*; le ebant de la Wacfit am Hhein était devenu l'hymne national ; les diplomates français, en remettant leurs papiers à l'ambassade anglaise*, et en prenant le chemin de Paris, voyaient partout le départ des soldats résolus « ft se venger sur i'ad- Tersairc de la dure contraînteà laquelle ils étaient réduits' ». Même dans les pays récemment annexés à la Prusse, les
I Fransosenfreunde, Écrit M. Blum. FUril Bismarck und seine ZeiJ. t. IV, p.HB.
i. Wickede. Kriegtbilder (1872). p. 4,
î. Lord Lollus. Diplomatie réminiscences, !• série, t. II, p. 287.
I. Albert Sorel. Eisloire dipiomatiqtie de la guerre franco^llemande, I II, p- 205-
hommes parlaient de plein gré; si la vieille noblesse de Hanovre et de Cassel demeurait attachée à ses princes et manifestait son mécontentement d'une ^erre qui lui rappelait de récentes humiUations', la population manifestait son loyalisme prussien par de nombreuses adresses*, des députations, et sa fidélité au devoir militaire. Bismarck avait craint que les oFRciers et les soldats de l'ancienne légion guelfe', dont beaucoup habitaient Paris, se joignissent aux soldats français pour reconquérir l'indépendance de leur patrie, et il avait rendu le 19 juillet une ordonnance qui édictait les peines de haute trahison pour tous les sujets allemands qui prendraient place dans les armées de France ; puis il manda auprès de lui un ancien conseiller du roi Georges, jusqu'alors guelfe intransigeant, Meding, qui vivait en Suisse' ; le chanceUer de fer voulait parler haut et dur, Meding l'arrêta net; il avait déjA vu à Paris lesofTiciers de la légion et obtenu d'eux la promesse de ne pas se joindre aux troupes françaises. Satisfait, presque étonné de la puissance du sentiment allemand, Bismarck distribua des pensions à ces anciens adversaires, et, le 3 août, une amnistie fut accordée à tous les délinquants politiques.
Les princes de la Confédération du Nord se conformaient aux ordres de la présidence fédérale, la plupart avec enthousiasme, quelques-uns, peu nombreux, avec une résignation de mauvaise humeur*; le duc de Brunswick, le grand-duc de Mecklemboui^-Strelitz su! vaien t te mouvement sans prendre d'initiative et comme à regret; le grand-duc d'Oldenboui^,
1. Busi'h. TugebudMàller, 1. 1, p. 1* el Mémoires dt Bumaick. l. 1. p. 86.
2. Le roi Cliiillaume A la reine, 19 juillet 1870. Onekpn. Vruei- Heldenkailer, p. 1»6.
î, Voypï tupm, 1. II, |). 6M.