‹ Bismarck et son tempsChapitre 7 sur 270 · CHAPITRE II LA CANDIDATURE HOHBNZOLLBRN · texte numérisé non relu

CHAPITRE II LA CANDIDATURE HOHBNZOLLBRN

$ I. Les prodromes. — La révolution espagnole et los candidats au trône. — La branche cadette des Mohenzollern : le prince Léopold. — Les premièrea paroles. — Voyage de Itancea à Berlin et mission de Bernhardi en Espagne. — Inquiétude de Benedetti.

— Combat de presse. — Entrevue de Benedetti et Bismarck. — La reprise des négociations, le v'oyage deSalazaret lerefusdes Hohenzollern.

I II. L'affaire enterrée. — La troisième demande des Espagnols.

— Les perplexités de Guillaume. — La décision de Bismarck : rapport au roi. — Conseil royal à ce sujet. — Les hésitations des princes Léopold et Frédéric de Hohenzollern. — Mécontentement de Bismarck. —Refus de Léopold.

I III. L'acceptation du prince Léopold. — Mission de Lothar Bûcher et de Versen en Espagne. — Versen auprès des Hohenzollern. — L'intervention du Kronprim de Prusse, — Bismarck arbitre. — M. de Gramont au quai d'Orsay. — Alexandre. Guillaume et Bismarck à Ems. — Démarches de Bismarck et de Prim auprès du prince Léopold : son acceptation. — Correspondance de Bismarck en Espagne et discours de Prim. — Salazar et Bûcher auprès du prince Léopold ; acquiescement du roi Guillaume; acceptation délînitive du prince Léopold. Le rôle de Bismarck.

— Clôture hâtive desCortès. Divulgation du secret.

g IV. L'action du duc de Gramokt. — Ignorance du gouvernement français. Entretien de Prim et de Mercier de Lostende. Arrivée de la nouvelle à Paris. Les ordres du duc de Gramonl. — Entretien de MM. Le Sourd et de Thile. Gramont ne s'engage qu'à Berlin. — Conseil des ministres à Saint^Cloud le 6 juillet. La déclaration ministérielle à la Chambre. L'émotion à Paris. — Les prudents conseils de l'étranger : nouvelles démarches de Gramont.

g V. Les sÉcociATioss d'Ems et le retrait de la candidature Hohe.v zoLLERN. — Voyage de M. Benedetti à Ems. Opinion du roi Guillaume. — Premier entretien du roi et de Benedetti. —

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NégocisiUons de Guillaume avec le prince Antoine de Hohenzo!- \ern. Impatience de Grainonl. Nouvel entretien du roi et de

Bcaedelti. — Hésitations et craintes des princes deHohenzolfern.

Le reirail de la candidature Hohenzollern.

Au mois de septembre 1868, éclata en Espagne une de ces révolutions si fréquentes alors dan3 la péninsule ibérique ; la reine Isabelle fut invitée à vivre à l'étranger ; le pouvoir fut exercé provisoirement par un triumvirat compose du maréchal Serrano, de l'amiral Topele et du général Prîm ; et, ayant cbassé leur reine, les Espagnols se mirent en quête d'un roi '. Nombreux furent les noms prononcés à cette occasion ; parmi les Espagnols, les uns tenaient à maintenir la couronne dans la famille des Bourbons d'Espagne, et parlaient du prince des Asturies, fils d'Isabelle, ou du duc de Montpensier, ou de sa femme, dona Maria-Luisa, ou de leur lils, uD enfant de neuf ans. Les autres voulaient emprunter un prince à la monarchie voisine et désiraient le roi régnant de Portugal, don Luiz, ou son père, l'ancien roi, Ferdinand de Cobourg. D'autres, enfin, voulaient un changement plus radical et demandaient, qui, Amédée, duc d'Aoste, qui, le prince Frédéric-Charles de Prusse, ou encore un archiduc d'Autriche, un fils de la reine Victoria, un prince de Saxe, ou enfin le prince héritier de Hohenzollem, Léopold.

A Dusseldorf en hiver, à Sigmaringen en été, vivait alors le duc Charles- Antoine de Hohenzollem, ancien président du cabioet prussien, gouverneur militaire de la province,

I. Sur la suite de ces ÉvëDemcnts, voyez Léonardon. Pn'in el la candiialure UofienioUern, Bévue hUlorique de novembre 1900. Emile Ollivier. (a névolution d'Etpagne (1868). Pritn. Napoléan lU, Bitmaixk. Revue des Deux Mondeê du 15 Juin 1806. J. de WiUe. Quinze ans d'hhloit-e (190S), p. lU el Buiv.

rhénane, et chef de la deuxième branche cadette de la motison de Hohenzollern. Son lien de famille avec le roi Guillaume était lointain, car les deux lignées sont séparées depuis six cents ans'. La branche cadette est demeurée catholique, tandis que les rois de Prusse sont les piliers du protestantisme allemand ; mais, malgr^^ la différence de religion et l'éloignement de parenté, les deux rameaux coustnent et le roi Guillaume appelait dans Tintimité le prince Antoine der Veller^, le cousin. Le prince Antoine avait trois fils, l'aîné, Léopold, appelé à lui succéder un jour ; le second, Charles, qui régnait en Roumanie ; le troiâème, Frédéric, lieutenant au service de la Prusse.

Dès le mois d'octobre 1868 ', on parlait du prince Léopold comme d'un candidat convenable au tràne d'Espagne ; ses partisans lui trouvaient mille avantages; de religion catholique, il était beau-frère du roi de Portugal, et allié de Napoléon 111 par les familles Murât et Beauharnais ; déjà les lanceurs de sa candidature l'opposaient au duc de Montpensier et le tenaient pour bien vu aux Tuileries. Mais sa propre femiUe était sans illusions. « La France à cause de nos liens avec la Prusse, écrivait le prince Antoine, ne permettra jamais que les UohenzoUem s'établissent au delà des Pyrénées *. » Ceci est à noter ; dès le mois de décembre 1 868, les Hohenzollern étaient Hxés sur l'accueil réservé par la France à la candidature d'un prince de leur sang '.

1. DelbrQck. Bas GeheimnUs der Napoleoniacken Polilik, p. 3â.

i. Le roi Guillaume b la reine. 10, 11, ISjuillet 1870. . 3. Ans dent Ubeii K/Snig KarU voh Rumanien, li octobre 1868, p. 297.

4. Le duc Antoine de lloijcniollern â son fila Charles de Roumanie, 9 décembre 1SG8. Ausdan l.eben, l. 1, p. 3tl.

!>. D'après le maréchal Randon, Mimoii-es, t. II. p. 306, i<lapoléon I[[ aurail dît â Prîm en septembre 1869 : n Pourquoi ne penserieï-vous pas au prince de Hohenzollern, qui esl mon parent. » Cette parole eel plus qu'invraisemblable, elle est impossible venant aprta les démarches de La

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Le projet sommeilla pendant quelques mois ; tout était ■lors iocertain en Espagne ; mais, en janvier 1869, les élecl«ms envoyèrent aux Cortès une majorité monarchique et la question de personne se posa avec instance. Feu après, en révrier, un député libéral, M. Salazar y Mazarredo, publia à grand tapa^ une brochure où il proposait, pour le trône espagnol, en première ligne l'ex-roi Ferdinand de Portugal, ou, i son défaut, le prince Léopold de Hohenzollern. Un mois plus tard, un personnage de marque, M. Rances y Yillanova, arrivait à Berlin où il avait été ambassadeur, avant de se rendre h Vienne, son nouveau poste ; il donna de sa visite un motif de pure politesse, le désir de féliciter le roi Guillaume pour le 72* anniversaire de sa naissance, mais il s'entretînt longuement avec Bismarck, dont ce n'était point le jour de fille, et le^ujet de la conversation demeura inconnu ; il s'est défendu fort d'avoir parlé de la candidature HohenzoUern ', mais son afBrmation est sujette à caution, car dix jours après. Th. de Bernhardi partait en Espagne pour une mission dont il a gardé le secret* ; le choix de cet envoyé spécial, son rôle en Italie pendant la guerre de 1866, la durée àv son s^our quise prolongea jusqu'en 1871, ses allées et venues, tout prouve que cette mission était d'importance ; te roi de Pmsse n'entretenait pas un attaché spécial en Espagne poui' qu'il admir&tta Giralda et les' Velasquez ; et, malgré l'affirmation de SybeP, on peut croire que la candidature Hohenzollem ne fut pas étrangère à ce voyage.

Sourd en mars et de Benedetti en mai 1S69. Ce n'est là qu'use de »'~ errears dont Bandon est coutumier.

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