LA GUERRE DE 1S
un jour brusquement : Belfori ou Ta renoncialion à noire enlrée ilans Paris? — Bclforl, répondit Thiers. Paris esl prêt à boire le ralicejusquà la lie pour cou'^ervpr à la paliie un coin de son sul et une cilé héroïque. • La valllnnle citadelle que Deuferl-nochereaii avait seulement cessé de défcndie, le 16 février, quand I ordre lui en nvail été donné psir le gouvernement français, était conservée à la France. Les dérenseurs invaincus île BelVort sortirent de la placé devant les Iroujies allemandes qui leur préseiilaienl les armes. Tliicrs avail sauvé ce lambeau de terre alsacienne. Et, de nouve;iu, dfpilis 1914, la citadelle jmpr(tna.ble barre la roule à l'envaliisseur qui, grâce à elle, n'a pu pénétrer dans la Bourgogne.
Les préliminaires de paix furent signés à Versailles le 20 février. Bismarck voulut bien alors se défaire fiour un instant de son Ion haulain: il prît les mains ile^Thîi'rs el lui dit : ■ Je comprends et j'honore votre chagrin; je suis ministre Je Prusse, vous êtes ministre do France; jai dû faire ce que j'ai fait. »
PROTESTATION DES DÉl'UTÉS d'aLSACE-LORRAINE
Dés le n février, avant l'ouverture des négociatioiis de Versailles, les députés d'Alsace Lorr.iine avaient fait cnMmdre, à la Iribmie de Bordeaux, la groleslation solenm'lle qui avait été rédigée par Gambelta, député du ISas-ltbin; elle avait été lue, par Emile Keller, député du Haut-Dliin. Voici quelques lignes de ce docufnent émouvant; nos
deux provinces de l'Est lui doivent d'avoir toujours conservé, en droit, leur caractère de françaises. ,« Nous prenons nos concitoyens de France, les gouvememenlç et les peuples du monde entier, à témoin que nous tenons d'avance pour nuls et non avenus tous actes et traités, votes ou plébiscites, qui consentiraient abandon en faveur de l'étranger de tout ou partie de nos provinces de l'Alsace et de la Lorraine.
t Nous proclamons par les pré^^entes à jamais inviolable le droit des Alsaciens et des Lorrains de rester membres de la nation Trançaise, et nous jurons, tant poup nous que pour nos commettants, nos enfants et leurs descendants, de le revendiquer éternellement, et par toutes les voies, envers et contre tous usurpateurs. •
Le !"■ rnars, l'Assemblée de Bordeaux, « eontrainte, suivant le mot de Thiers, de courber la tête sous la force de l'étranger », ratifia les préliminaires de Versailles. Alors un député du Haut- Rhin, Jules Grosjean, fit encore entendre une protestation suprême :
« Livrés, au mépris de toute justice et par un odieux abus de la force, à la domination de l'étranger, nous avons un dernier devoir à remplir. Nous déclarons encore une fois nul et non avenu un pacte qui dispose de nous sans notre consentement.--. Vos frères d'Alsace etde Lorraine, séparés en ce nioment de la famille commune, conserve; ront à la France, absente de leurs foyers, une affection filiale jusqu'au jour où elle viendra y reprendre sa place. •
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