‹ BismarckChapitre 53 sur 55 · LA DÉMISSION · texte numérisé non relu

LA DÉMISSION

Le lendemain 15 mars, les deux adversaires,

face & face, jouèrent la grande scène du cinquième

t.GooQlc

DERNlÉiRES LUTTES. 227

acte. Guillaume se rend en personne à la Wilhelmstrasse, A dix heures du matin, sans s'être fait annoncer. Bismarck était encore au lit; il se lève à la hftte. < Que Bignitîent, dit brusquement l'emp»ereur. vos négociations avec Windlhorstî » Bismarck répondit qu'il n'avait rien négocié; puis, très maître de lut, il ajouta : < Je ne puis admettre aucune surveillance dans mes rapports avec les députés el je n'accorde à personne le droit de commander dans ma maison. — Pas même quand je vous l'ordonne comme souverain? — Pas même dans ce cas. Les ordres de mon empereur s'arrêtent devant la porle du salon de la princesse de Bismarck... Ce n'est d'ailleurs que pour tenir une promesse faite & l'empereur Guillaume 1"' que je suis resté au service de son petit-fils. Si je suis importun & Votre Majesté, je suis prél à me retirer. »

Le même jour, la conférence internationale s'ouvrait au palais du chancelier.

Le 16 mars, Bismarck disait à son fidèle Busch, qui n'en pouvai^ croire ses oreilles: «Je ne puis rester ici plus longtemps; le plus tôt je m'en irai, le mieux ce sera... Je ne puis pas continuer de la sorte. Il va jusqu'à vouloir savoir qui je reçois el il a des espions qui dévisagent ceux qui entrent ici et qui en aorlenL... Il a écrit cette circulaire (sur les questions ouvrières), parce qu'il a en lui-même une confiance illimitée, quoiqu'il n'entende rien aux affaires. Sa circuluire ne peut causer que du mal. Je le lui ai dit, mais il est bien trop prétentieux pour m'écouter, >

DaQs la matiaée du 17 mars, le général de Hahnke, chef du cabiael mililaire, se reod chu 1« chancelier, c L'empereur, lui dit-il, attend la dé. miNsion du prince; il est prftl à la recevoir à deux heures. > Bismarck répond que sa santé n» lui permet pas de sortir le jour mfime; il a besoin d« quelque temps encore pour rédiger son scie de démission. Dans l'après-midi il s'épanchait de nouveau auprès de Maurice Busch. « Ah! les choses ont été plus vite que je ne' le croyais. J'avais d'abord pensé qu'il me serait reconnaissant si je restais encore quelques années près de lui; mais je me suis aperçu, au contraire, qu'il n'avait qu'une idée, qu'un désir, c'était de se débarrasser de moi pour pouvoir gouverner seul, avec son propre génie, dans sa seule gloire. Il en a assez du vieux mentor; il lui Tant maintenant des agents plus dociles. Mais moi, je ne puis me résoudre à plier le genou devant lui, je ne puis me résoudre à me coucher sous la table comme un chien. Il veut rompre avec la Russie et il n'a pas le courage de demander aux libéraux du Beichslag l'augmentation de l'armée.., J'en ai assez des intrigues dé cour, assez de toutes leurs insolences, assez d'être espionné. Ma retraite est certaine, définitive. Je ne veux pas prendre à mon compte, comme couronnement de ma carrière, les bévues d'un esprit présomptueux et inexpérimenté. »

Le soir même, Guillaume faisait encore demander à Bismarck sa démission ; une dotation spéciale lui serait assurée. < Je ne doute point des bontés de Sa Majesté, répliqua amèrement le chancelier;

. i.Liooglc

DEONIËRES LUTTES. i!2tt

mais j'ai derrière mol une carrière qui ae me permet pas de la terminer avec un pourboire, comme' l'on en donne pour le jour de l'an aux Facteurs. » Enlin, le 18 mars, le chancelier rédigeait sa lettre de démission, qu'il n'expédia que le 30. 11 commençait par donner de longues explications sur l'ordonnance royale du 8 septembre 1853; il ne pouvait pas admettre pour Iui-m6me la capi'tia deminulio qui résulterait de la révocation de cette ordonnance. Au bout de six grandes pages, il terminait ainsi :

* Si j'en crois mes impressions pendant ces dernières semaines et les communications qui m'ont été faites hier par le cabinet civil et militaire de Votre Majesté, je suis persuadé que j'entre dans les vues de Votre Majesté en donnant ma démission et je puis donc compter avec certitude sur son acceptation. >

Enfin, ce dernier paragraphe, qui est la flèche du Parthe ;

• Il y a déjà un an que j'aurais demandé à Votre Majesté d 'être relevé de mes fonctions, si je n'avais pas cru que Voire Majesté désirait profiter encore de l'expérience et de la capacité d'un

- fidèle serviteur de ses prédécesseurs. Maintenant, je «uis sûr que Votre Maji-sté n'a pas besoin de moi, et je puis me retirer de la vie politique, sans craindre que l'opinion pulilique ne juge ma déci-

- sion trop hâtive. — Bismarck. >

Le lendemain, le chancelier recevait à sa lable les délégués de la conférence du travail; il était tout ft fait de bonne humeur et il n'avait jamais

«u meilleur appétit. « Voyez-vous, mousieur JuIm Simon, un homme ne peut pas mourir avant d'avoir Tuirié cent mille cigares et bu cinq mille bouteilles de Champagne. — J'en suis ravi; Excellence, répondit le délégué français, car alors j'ai longtemps encore à vivre. »

En recevant la lettre si désirée, l'empereur envoya à Bismarck le litre de duc de Lauenbourg. « Je demande humblement â Votre Majesté, répondit-il, de me permettre de ne porter à l'avenir que le nom el le titre que j'ai portés jusqu'ici »

L'opinion publique apprit la démission de Bismarck avec un mouvement de stupeur, mais aussi de délente; il avait si lourdement pesé depuis vingl-huit ans sur les hommes et sur les choses! Cependant, le jour de son départ de Berlin pour Friedrichsruh, le 29 mars, ilfut accompagné à la gare par une foule énorme, qui le salua de ses acclamations el qui le couvrit de fleurs.

LKS UERNIÉRES ANNÉES A KRIEDRICHSRUH

La chute était dure pour ce vieux lutteur de soixante -quinze ans. U se sentait toujours de force à mener la rude bataille qui avait été son ministère, à tenir tête au Reichstag comme jadis au Landtag, à présider les assises de l'Europe, & trancher les querelles, et il n'avait plus à présent qu'à administrer ses domaines. < Il faut bien, disait-il avec mélancolie, que je scie du bois, puisque je ne puis plus scier les hommes. > En dehors de l'intiniilé familiale dont il joiiinsail beaucoup, son

principal plaisir fut de rédiger ses Pensées et Souvenirs; c'était rima^^e de lui qu'il voulait laisser à la postérité, image trucjuée comme dans toutes les autobiographies et d'autant plus truquée que le personnage avait joué un plus grand rôle sur la scène du monde. 11 avait un journal à sa <lévotioD, les Hambwgey Nachrichtan; il y faisait déchirer à belles dents son successeur le général de Caprivi. On feignait à la Cour de ne pas s'en apercevoir; cependant de part et d'autre l'irritation était extrême.

Aujourd'hui où l'Allemagne pangermaniste de .Guillaume II est possédée par cette folie des grandeurs, par cette fièvre des extravagances, qui, pour elle comme pour les malades al teints de paralysie générale, sont les prodromes infaillibles de la terminaison mortelle, il est vraiment curieux de voir les conseils pour ses successeurs que Bismarck faisait passer dans la presse. Il était opposé à toute guerre nouvelle r • Par la guerre, on ne peut plus rien gagner, on ne'peut que perdre ce qui a été conquis. • L'Allemagne doit être souverainement imlifférente dans la politique balkanique : € Si l'Autriche désire poursuivre ses intérêts particuliers dans les Balkans, elle doit che'*cher un appui non en Allemagne, mais auprès des paya qui ont des intérêts en Orient, l'Angleterre, la France, l'Italie.,.. Les Balkans n'inléressent pas l'Allemagne- ■ L'empire des mers et la IVellpulilik, où Guillaume II se jetait à corps perdu, n'étaient pas faits pour l'Allemagne : < Je considérerais comme une ejtagération,de la part de l'Allemagne,

de rivaliser avec la flotte française ou la flotte anglaise. "Cependant nous devons être assez forts sur mer pour pouvoir agir sur les puissances' de second rang que nous ne pouvons pas atteindre par terre.... Il faut nous garder d'économies esagéi'ées en matière navale, mais nous devons aussi nous défier des projets fantastiques qui nous mettraient en conflit avec des gens qui sont importants pour notre position en Europe... Rien ne serait plus absolument contraire aux intérêts de l'Allemagne que de s'engager dans des entreprises plus ou moins osées et aventureuses, sur le seul désir de meitre la main à tous les plats, de flatter la vanité de la nation ou de satisfaire les ambitions de ceux qui la gouvernent. >

On ne pouvait se douter que ces conseils seraient un jour autant de prophéties. , Du moins pour la masse du peuple allemand, le dieu tombé devenait de plus en plus le héros national : il était celui qui avait fait la grandeur, la gloire de la Prusse, de l'Allemagne. Guillaume 11 eut le bon goût de le comprentre. En 1895, au jour anniversaire des quatre-vingts ans de Bismarck, il se rendit en personne à Friedrichsruh pour offrir à l'ancien chancelier un sabre d'honneur; il inaugurait ainsi des fêtes qui prirent le caractère d'une apothéose. Bismarck toutefois ne désarmait pas. La visite du tsar Nicolas II A Paris, au mois d'octobre 1896, inspira aux Hamburger Nachrichten un" artkie très violent contre la politique qui avail éloigné peu à peu la Russie de l'Allemagne. C'était viser une fois encore Caprivi et surtout son successeur

DEItNIÈRES LUTTES. 333

Uoheillobe; mais c'était oublier aussi le congrès de Berlin, oi'i Bismarck avait commencé lui-m^me cette œuvre d'éloignement.

Ce fut le dernier rugissement du lion blessé. Malgré sa forte constitution et le grand air, la sanlé du vieillard déclinait. La mort de sa femme, survenue en I8U4, après quaranle-sept ans de ma: riage, lui avait été un deuil cruel. Lui-même était las de la vie. Il mourut en quelques heures, le 30 juillet 1898, à quatre-vingt-trois ans et quatre mois. Il avait à l'avance réglé ses funérailles, pour qu'elles eussent \in caractère de recueillement et de simplicité. ■ Je ne veux pas, avait-il dit, de mensonges officiels sur ma tombe. • Il avait indiqué l'endroit du parc de Friedrichsruh où il demandait à reposer, et il avait rédigé l'épitaphe qu'on lit sur sa tombe : t Bismarck, fidèle serviteur de l'empereur Guillaume I". »

l'œuvre de BISMARCK

A Berlin, sur l'un des côtés de la Kœnigsplatz, devant le palais du Beichsiag, s'élève depuis 1901 le monument de Bismarck, œuvre de Begas; il est colossal, cfomme il convient à l'homme et au pays. Parmi les groupes allégoriques qui entourent le piédestal, l'artiste a représenté, dans un morceau de bronze de grande allure, un forgeron géant qui forge sur une enclume une épée énorme. Telle est bien l'image que l'histoire doit conserver du cliancelier de fer : il est l'homme qui a forgé l'Allemagneà coups répétés de marteau. Qu'il ait évolué

dans sa politique intérieure; qu'il ait commeocé à n'être qu'un hobereau à l'esprit franchement réactionnaire, qu'un Prussien de conservatisme rétréci, pour devenir un jour l'homme du suffrage universel et l'incarnation de ta patrie germanique : cela a son intérêt, mais ce n'est pas ce que l'histoire a retenu avant tout.

Ce que l'histoire a retenu avant tout, c'est ceci : en 1862, quand Bismarck a pris la présidence du conseil, la Prusse élait un corps mal constitué, avec des trous dans ses membres, elle n'avait que le second rang parmi les Ëtats allemands. En 1866, la Prusse a soudé ses morceaux, c'est un bloc qui qui s'étend du Rhin au Niémen, sa suprématie s'affirme d'une manirre inconicstée. D'autre part, en 186ï, la Confédération germanique était toujours la survivance du congrès de Vienne; c'était un agglomérat d'ÉLals qui n'existaient que pour se jalouser et manifester leur impuissance. En 1871, l'empire d'Allemagne est un organisme vigoureux, bien trempé, tenu dans une forte discipline par le chef qui s'est mis à sa tête, qui l'a organisé et qui le conduit à une action efficace.

Comment ces deux choses se sont-elles faites? C'est une œuvre « de fer et de sang •, q'ui est sortie de trois guerres, contre le Danemark, contre J,'Autriche, contre la France. A l'égard de l'Autriche et de ses alliés, après la violente passe d'armes de 1866, Bismarck a été capable de montrer de la sagesse et de faire preuve d'une modération relative; il ménageait ainsi l'avenir, car ilréservaità son maître la collaboration d'un second et il pré-

parait le retour à la patrie allemande d'une partie des vaincus. A l'i^gard du Danemark, en 1864, de la France, en 1871, il a donné toute licence à la force brutale qui était en lui. L'annexion du Holstein et du SIesvig, l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine sont les produits de deux brigandages. Le Danemark a pleuré en silence la perte de ses enfants; la France a protesté, à pleine gorge, contre la violence qui lui était faite. Qu'importait au voleur?

Bismarck n'était pas' de ceux qui demandent à leurs victimes de baiser la main qui les frappe. Il se savait détesté, haï, maudit, en Prusse, en Allemagne, en Europe, et il s'en faisait gloire. Il disait un jour au Reichstag (16 janvier 1874) : « J'ai de nombreux ennemis. Allez de la Garonne, pour commencer parla Gascogne, jusqu'à la Vislule, du Belt jusqu'au Tibre; cherchez sur les rives de nos fleuves allemands, l'Oder et le Rhin ; vous constaterez que je suis l'homme le plus cordialement détesté de ce temps. Mais je professe à l'égard de cette haine un profond dédain. • Dans une dépêche 4 d'Arnim,du 2 février 1875, à propos de la France, il reprenait pour lui-même le mol de Sylla : « Nous n'avons pas voulu la guerre ; mais nous sommes toujours préis à la faire de nouveau, dès que de nouveaux actes présomptueux de la France nous y contraindront. Oderini dam meluant. • Et son Allemagne se féhcite d'inspirer les mAmes sentimentsque lui-même. Le 1" avril 1917. pour le 102" anniversaire de la naissance de Bismarck, un professeur d'outre-Rhin s'écriait ; • Nous sommes le peuple

te plus déteslé du monde, mais nous devons en être Tiers. > A Bismarck et à rAIIêmagne de nos jours convient tt merveille le vieux reTrain que la inère de Luther chantait à son fils : < Personne ne nous.aime. ni toi. ni moi; c'est notre faute à tous les deux. »

Le chancelier se piquait d'être un réaliste ; se admirateurs de là-bas le louent d'avoir eu, au plus haut degré, le sens des réalités, den WirklirJikeitssinn. Mais ce réaliste n'aurait-il pas été plutôt un politique à courtes vues? Il ignora, en etTet, que la violence et la haine sont non seulement stériles, mais encore qu'elles se retournent Idt ou lard contre , la poigne brutale qui les a employées. Les Polonais, les Slesvigois, les Alsaciens-Lorrains, qui ne sonl en rien des Allemands ni les uns ni les autres, ne désarmeront jamais dans leur résistance et dans leur hostilité. Le consentement né de la communauté des joies et des douleurs, de la communauté des traditions et des aspirations, voilà le ciment qui seul constitue une nation. La force, quelque brutale ou quelque puissante qu'on la suppose, ne peut jamais avoir qu'une action éphémère. Bismarck s'est défendu d'avoir dit :'La force prime le droit. En effet, il ne l'a pasdit;et comment aurait-il pu le dire? Suivant la remarque de Bergson, < !• droit était simplement à se.e yeux ce qui est voulu par le plus fort, ce qui est consigné par le vaia- • qiieur dans la loi qu'il impose au vaincu ». C'était toute la morale de l'ancien hobereau devenu chancelier et qui, dans toutes les situations de sa vis politique, fut un homme sans scrupules et sans

nEH>'lÈBES LUTTES, '257'

pitié. Ceci est un mol de lui : < Quand j'ai un •nnetpi en mon pouvoir, je ranéanlis. ■

L'homintt fort ne doutait pas de la durée de son ceuvre; parfois cependant il avait comme horreur de sa brutalité. Un jour, à Varzin, au mois d'octobre 1877, il était trisla et mélancolique; c'était cependant l'époque où son oeuvre politique paraissait à son apogée. « Je me sens l'âme triste, disait-il. Je n'ai jamais, dans ma longue vie, rendu personne heureux, ni mes amis, ni ma l'amille, ni moi-même. J'ai fait du mal, beaucoup de mal. C'est moi qui suis la cause de trois grandes guerres; c'est moi qui al, sur des cbamps de bataille, fait tuer quatrevingt mille hommes, qui, aujourd'hui encore, sont pleures par leurs mères, leurs frères, leurs sœurs, leurs veuves. Mais tout cela, c'est alTaire entre . moi seul et Dieu. Je n'en ai jamais retiré aucune joie, et je m'en sens aujourd'hui l'âme anxieuse et troublée. ^

Sans attendre le jugement de Dieu, les Français ne pardonneront jamais à Bismarck le crime qu'il a commis à leur égard en 1871. 11 n'a rien pris à l'Autriche après Sadowa, parce qu'il voulait se réconcilier un jour avec elle. A nous, il nous a pris an morceau de notre chair; il voulait donc qu'il y eût toujours entre son peuple et nous un fossé de Banget de haine. Le kronprinz Frédéric nvail su prévoir, dès 1871, les conséquences de la violence faite à l' Alsace-Lorraine, quand il avait dit ; • La France est maintenant et à jamais notre ennemie naturelle. ■

La guerre actuelle â dressé en face l'une de l'au-

Sr.R - BISMARCK.

Ire deux puissances: d'un cblé, l'Allemagne de Bismarck et de Guillaume II, tout imbue du virus du chancelier, des doctrines, des folies de son empereur, de ses orficiers, de ses professeurs, puissance de proie et de mort, qui rêve d'un impérialisme mondial; de l'autre côté, la France, qui, avec ses nobles alliés, combat pour TAIsace-Lorraine française, pour les Al sa ces- Lorrain es de Roumanie, de Serbie, de Pologne, d'Italie, d'Arménie, pour la libération de la Belgique, qui combat, en un mol, pour le droit et pour la liberté. Le droit el la liberté, ce sont des facteurs inconnus des compatriotes de Bismarck, depuis que l'Allemagne a été prussianisée ; pour la France des croisades et de la Révolution, ces mots sacrés ont une vertu magique. Il y a en eux une force que rien ne peut abattj-e, une force supérieure à toutes les injustices et à toutes les tyrannies; tous les Bismarck et tous les Guillaume II du monde, colosses aux pieds d'argile, ne prévaudront pas contre le droit et la liberté. Comme Montalembert le disait, à propos de la Pologne, cette Alsace-Lorraine de l'Europe orientale qui reste debout et confiante à travers les plus tragiques catastrophes de l'histoire, le droit vit dans nos cœurs, il y vit « comme une flamme inextinguible, et c'est à cette flamme que Dieu allumera un jour l'incendie de sa justice et de sa vengeance •.

Bismarck, on l'a vu, a voulu qu'on inscrivit sur sa tombe cette épitaphe d'une simplicité orgueilleuse : Fidèle serviteur de l'empereur Guillaume 1". Qu'est-ce à direî En servant fidële-

DLUMtREa LUTTES.

ment (juillaume I", il a servi le mensonge, lence. le brigandage. Sur les lombes ( enfants, fauchés dans les tranchées, précip haut des airs, péris dans les lluts, nous m nous autres, cette inscription : Serviteurs di de l'honneur, de la liberté. L'histoire et science humaine sauront toujours oii < s'adresser leur admiration ei leur reconnaii Du mort de Friedrichsruh, elles diront que un génie, ce fut Iç génie du mal, et que son enfantée par la violence, périra dans la vi Des Français, et des alliés tués depuis 191 diront qu'ils furent les vengeurs de la mor soldats de l'humanité, et que leur œuvre de aura pour couronnement le triomphe du drc

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Le lecteur désireux de connaître en détail soit la carrière et le rôle de Bismarck, soit les questions de politique générale auxquelles il a été môle, pourra trouver des indications utiles dans les deux listes suivantes.

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