‹ BismarckChapitre 52 sur 55 · L\ CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LES QUESTIONS OUVRIÈRES · texte numérisé non relu

L\ CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LES QUESTIONS OUVRIÈRES

Une grève avait éclaté depuis quelques semaines chez les mineurs du bassin rhénan; belle occasion pour le jeune empereur, qui se croyait apte à tout faire, de résoudre une bonne fois la question sociale. II avait reçu en personne les délégués des ouvriers et il leur avait dit : ■ Mes oreilles seront toujours ouverles aux justes réclamations; mais si vous bougez, je fais tirer dans le tas. » Laissant de côté pour le moment la manière forte, il saisit le conseil de la couronne d'un projet d'enquête sur les ouvriers de fabrique, de manière à • assurer par des mesures législatives la santé, la moralité, les besoins économiques des travailleurs •. BismarcK combattit vivement cette idée; car il était hostile à toute intervention de l'Ëtat dans cet ordre de matières. Pour parer le coup ou pour en retarder l'effet, il proposa à l'empereur de réunir une conférence internationale; si l'Allemagne était seule, en effet, à réglementer la durée du travail, elle se trouverait battue par la concurrence étrangère. Guillaume accepta l'idée de cette conférence.

Le ii février 1890, un rescrit impérial ordonna ( l'ouverture de négociations avec les gouvernements de la France, de l'Angleterre, de la Belgique et de la Suisse, relatives à une entente internationale sur la possibilité de satisfaire les besoins et les vœux des travailleurs •. Le rescrit ne portait pas, à cdté de la signature de Guil-

'iHG BISMARCK .

laume lï, la signature du chancelier. Celait la première fois depuis vingt-sept ans qu'un acte orfîciel ne recevait pas le contre-seing de Bismarck. Il n'y avait pas a douter de la complète émancipation du jeune Télémaque et de la prochaine disgrâce du vieux Mentor.

Bismarck tenta de regagner la partie. Il rappelle à son maître qu'une ordonnance de Frédéric- Guillaume IV, rendue en 1852, portait qu'aucun acte important ne pouvait être pr(^paré sans la participation effective ~du président du conseil. L'empereur, pour toute réponse, parle d'abroger cet ordre; en attendant, il demande au chancelier un rapport écrit sur la question.

Au cours de cet incident, le 14 mars, le chefdu Centre, Windlhorst, Taisait a Bismarck une visite. Des élections venaient tout récemment de donner un nouveau Beichstag L'objet de la visile.ile \\'indtborst était sans doute d'examiner la situation qui en résultail pour les partis et spécialement pour le Centre. Guillaume II eut connaissance de cette visite; il crut qu'une coalition politique s'y était machinée contre lui, et il envoya, le jour même, son chef du cabinet civil, Lucanus, demander des explications. Bismarck répondit à l'envoyé : « Veuillez dire à Sa Majesté que je ne reconnais à qui que ce soit le droit de m'imposer le choix des personnes qui franchissent mon seuil. •

Page 1