CAMPAGNE DE ROUSSILLON. SIÈGE DE PERPIGNAN
d’avoir attaqué par lPest et commencé ses tranchées trop loin, ce qui permit aux assiégés de fortifier la place. Le reproche ne paraît pas fondé. En réalité, Perpignan était « bien muni », plus que ne le dit encore Monluc. Avec sa vieille muraille du treizième siècle, construite par les rois de Majorque, ses deux lignes de défense de la Tet et de la Basse, son Castillet et sa porte Notre-Dame, son « Castell Major » qui servait de réduit, la ville était déjà très forte; les Espagnols venaient, de plus, d’y construire des boulevards qui la mettaient à l'abri de Partillerie. Le duc d’Albe avait renforcé le Castillet d’un bastion élevé avec les débris du couvent des Augustins et de l’église Notre- -Dame-du-Pont, qu'il avait fait raser ‘. Bien que ces travaux ne fussent pas terminés, Perpignan était bien le « pore espy, qui de tous costez estant courroussé monstre ses poinctes », dont parle du Bellay”, lorsque, le 23 août, lavant-garde de l’armée du dauphin arriva au pont de la Pierre. En second lieu, la garnison espagnole et les habitants opposèrent à lennemi la plus énergique résistance. Les canons de la redoute que les Français avaient élevée en face de la porte d’Elne furent encloués par deux capitaines qui sortirent audacieusement de la ville. Les nouvelles batteries placées au moulin de l’Evêque, entre la porte de la Mirande et la porte des Juifs, ne firent pas mieux. Don Juan de la Cueva pouvait écrire, le 8 septembre : « Ceux de Perpignan se défendent gaillardement*. » Plus Partillerie faisait rage, plus les assiégés remparaient fiévreusement. L'armée du dauphin fut bientôt éprouvée par la maladie, tandis que le duc d’Albe recevait des renforts + Le 15 septembre, il fallut lever le/siese-ul
1. P. Vinar, Aistoire des remparts de Perpignan et des agrandissements de la ville (Revue d'hist. et d'archéol. du Roussillon, 1904, pp. 97-143).