‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 126 sur 533 · Du Bezray, coll. Petitot, XIX · texte numérisé non relu

Du Bezray, coll. Petitot, XIX

3. « Los de Perpiñan se defienden gallardamente, y oféndenlos ruinmente los enemigos. » (Colecc. de doc. ined. para la hist. de España, XLHX, 339.)

4. « Avisos del campo francés. — De Perpiñan dice que han batido muy terriblemente, y los de dentro han reparado tanto, que, derribadas las casas de cabe la muralla, han hecho unos reparos y bastiones con fosos in medié, que lo han puesto mas fuerte que estaba todo lo batido. Dice mäs, que mucha gente les mataban los de dentro a los de fuera, y que los de fuera mueren tambien de modorra. Dice mâs, que al duque de Alba se le viene mucha gente... » (/brd.,

XLIIL, 381.)

5. Dès le 19, Tommaso de’ Marini l’annonçait de Gênes au due Cosme Ier

ne semble pas que lissue en eût été meilleure si, comme le prétend Monluc, on avait attaqué d’un autre côté. Sans doute, on eût rencontré moins de difficultés à l’ouest ou au nord; mais qu'aurait-on gagné à entrer dans la ville par ces deux côtés, puisque les assiégés restaient maîtres de la citadelle? Girolamo Marini, en attaquant par le sud-est, voulait s'emparer de la citadelle, réduit et clé de la place. Il savait sans doute qu'en 1473, Louis XI, pour avoir voulu occuper la ville sans se rendre maître d’abord du Castell Major, ne put jamais emporter Perpignan ”. Il est donc difficile d'admettre lopinion de Monluc. Celle de du Bellay, qui attribue la lenteur du siège à la nature sablonneuse du terrain où l’on faisait les tranchées, paraît plus acceptable. Elle explique aussi pourquoi il fallut commencer de si loin les travaux d'approche.

Après avoir noté très exactement que le roi et la cour étaient à Sallèles pendant le siège”, lorsqu'il obtint, avec l’appui de son frère Jean, la compagnie vacante de M. de Golènes *, Monluc a raconté une escarmouche qui eut lieu sur la frontière du Roussillon et du Languedoc. Le siège de Perpignan levé, l’armée du dauphin avait repassé la Tet et l’Agly et était venue camper à Clayra et à Rivesaltes, où elle resta quelques jours,

(Négoc. de la Fr. avec la Tosc., IX, 34). — Voir, sur le siège de Perpignan, JEAN De GazanvoLa, Histoire de Roussillon, pp. 342-348, qui a suivi pas à pas une relation contemporaine, le Libre de Memortes de Sant Joan, notes rédigées au jour le jour par un prêtre de la communauté de Saint-Jean. — P. Vipai, Histoire de la ville de Perpignan depuis les origines jusqu'au traité des Pyrénées, 1897, pp. 405-411.

1. Voir, sur ce siège, J. CazmerrE, Louis XI, Jean II et la révolution catalane, 1902, pp. 364-365. Louis XII, en 1642, attaqua par le même côté que le dauphin en 1542.

2. Le texte des mss. et des éditions porte Salères. — Sallèles-d’Aude, cant. de Ginestas, arr. de Narbonne. C’est de là que François Ier data le 10 septembre une ordonnance « pour le paiement des nouveaulx enrollez pour faire les creues des compagnies de ses ordonnances estans en son camp devant la ville de Perpignan. » (B. N., fr. 3014, fo 51 bys, copie. — Cf. Catal., IV n° 12740.) |

3. Jean de Monluc suivait alors la cour; il était au comble de la faveur : il allait être, le 30 octobre, par lettres datées de Nérac, pourvu de la charge d’ambassadeur à Venise. (Catalogue, IV, n°0 12790.) F

4. Juan Zapata au connétable de Castille, 2 octobre : « De Perpiñan no tenemos mas nueva de que los Franceses se hacen fuertes à legua y media de Perpiñan en unos lugares que Ilaman Clarian y Ribas Altas, y que alli hacen

L'ESCARMOUCHE DE TAUTAVEL. 199

tandis que les munitions étaient dirigées sur Tuchan, bourg des Corbières, au sud-est de Carcassonne, dans la vallée du Verdouble et sur la frontière de France. Il est donc vraisemblable que M. de Lorges, colonel des légionnaires !, ait été mis en garnison à Tuchan, mais il est impossible d'admettre qu'après la levée du siège, Brissac ait logé à Cabestaing. Cabestany est, en effet, au sud-est de Perpignan; Monluc à commis une erreur ou une confusion. Par contre, il ne s’est pas mépris sur la position géographique de Millas?, s’il faut identifier ainsi la ville qui est appelée Milhau dans le premier manuscrit, Milhan dans le second et dans les éditions : Millas, au sud de Tuchan, sur la Tet, est bien, en venant de France, à main droite de Tautavel.

Il est possible aussi — et on Pa fait — de reconstituer le théâtre de l’escarmouche racontée dans les Commentaires. Le château dont parle Monluc, à une lieue de Tuchan, est le château d’Aguilar : « Ses ruines encore majestueuses se dressent sur un roc isolé et inaccessible de divers côtés. C’est le Puy d’Aguilar, qui a une altitude de 321 mètres et qui se trouve au nord-est de Tuchan, dominant toute la plaine de Tuchan et de Paziols, défendant les passages du col d’'Extrême, de la garrigue de Vingrau, de Tautavel et de la vallée de Verdouble 5. » Le pays a conservé Paspect qui avait frappé Monluc : les montagnes sont nues et

casas.… La artilleria gruesa dicen passaron la via de Narbona en salvo, y con la de campo quedaron. » — L'Empereur au même, 6 octobre : « El duque d’Alba nos scribio... los Franceses se retiraban de Clarian, donde han estado estos dias. » (Colecc. de doc. ined. para la hist. de España, XL, 404- 405, 409.)

1. BRANTÔME a cité à côté de Monluc, « ce vieux routier et brave advanturier M. de Lorges, qui fit tant de preuves de sa valeur en son temps », et qui mourut à quatre-vingts ans de chagrin de ce que son fils avait tué Henri I (\ £ 322; III, 294). — Il dit encore que Brissac fut « couronnel de l'infanterie française devant Perpignan » (IV, 63). Son titre officiel était ax collonnel et cappitaine général des sept enseignes de gens de guerre à pied, avan turiers françoys venuz de Piedmont au conté de Roussillon ». (Abbé MarcranD, Charles Jer de Cossé, D. p0,n.11.) 4

2. Millas (Pyrénées-Orientales), sur la Tet, ch.-l. de canton, arr. de Perpi gnan (17 kil.). | |

3. Dr P. Courrenr, Zuchan, Nouvelles, Domneuve el Sequre, notice historique, dans le Bulletin de la Société d'études scientifiques de [A aude, XIV, TOOS, pe 121. J'ai emprunté à cet intéressant travail, qui reproduit deux Le photographiques du château d’Aguilar, diverses Here topographiques. L'auteur a placé par erreur l’escarmouche de Tautavel en 1536.

pelées ; il y paït quelques rares troupeaux de chèvres; dans la plaine, les oliviers se marient à la vigne". C’est dans cette plaine, au pied de ce château de Tautavel qui formait, sous la domination espagnole, l’un des points stratégiques de la frontière du Roussillon ?, que les deux troupes de Monluc et du Pelous *, dégringolant les pentes raides du Puy d’Aguilar, se de et repoussèrent l'ennemi jusqu’à la rivière de Domneuve. Brissac et de Lorges, qui étaient allés le matin entendre la messe à la chapelle de Saint-Fructueux, « à un ject d’arbaleste de là » *, assistèrent au combat du château de Tautavel. Monluc laisse entendre que l'affaire fut chaude : « Brief, que de trente ou trente cinq hommes que nous estions, il n’en demeura que cinq ou six qui ne feussent blessés et seullement trois mortz sur la place. » Ce qu'il ne dit pas, c’est que cette escarmouche fut le signal de la retraite définitive des Français. Le Livre des Mémoires de Saint- Jean la raconte : le samedi 21 septembre, quatre compagnies espagnoles, une de cavalerie et trois d'infanterie, partirent de Perpignan pour Tuchan; le lendemain dimanche 22, au point du jour, Pavant-garde, formée de la compagnie des galères, poussa une reconnaissance. Les Français n’en firent d'abord aucun cas; mais quand ils aperçurent, reluisant au soleil, les corselets de la compagnie de Francesco Lodrone, ils virent « que ce n’était pas une plaisanterie » *. Brissac et de Lorges durent sans doute battre précipittamment en retraite, car le ns Tuchan capitula.

1. € Or tout estoit rochiers couvertz d’ung peu de taillis. Ils se retirarent à une plaine qu'est au dessoubz de Tautabel et s’acoucharent soubz les olyviers.… » (texte du rer ms., fo 23 vo.)

2. Voir, sur Tautavel, V. AraGow, Les anciens chäleaux-forts des Corbières roussillonnaises, frontière du Languedoc, 1882.

3. Branrôme, confirmant Monluc, dit qu'il a vu le Pelous « heutennant du mareschal de Brissac en sa compagnie de gens d'armes, qui estoit certes un brave et vaillant capitaine ». (LE, 98.)

4. I ne reste de cette chapelle que les fondements; sur l'emplacement est érigée une Croix. (COURRENT, OP. Ctl., P. 110.)

5. « Lo endama que era diumenge à punta de alba feren ataya, y vist per los Franseses l'avant-garde que era la companya de las galeras, non feren ninœun cas, dient a los dormidos : « Venen a carrer, » Empero descubiberta la companya de Fransisco Ladron que venia apres ab los cosselets releisents, pensaren n0 era Cossa de burlas... » (Extrait du Libre de Memories de Sant Joan, publié par CouRRENT, 0p. cil., p. 115.)

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