‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 131 sur 533 · SEGRE, 0D. Cil., pp · texte numérisé non relu

SEGRE, 0D. Cil., pp

2. Paurr Jovi Aistor. lib. XX XIV, fo 320 vo. 3. Du Berray, XIX, 478-480.

4. Voir, sur ce personnage, À. Secre, L'opera politico mililare di Andrea Provana di Leyni nello stato sabaudo dal 1533 al 1559, 1898, p. 91; Carlo IT di Savoia, p. 176; La politica sabauda.…., pp. 57-59; et Saice, 0p. Bite [7007

5. L'erreur a été commise aussi par Marco Guzzo, qui dit : « Fra tal combattimento vi morirono il signor Carlo Drosso et monsignor di Scroch... » (Historie di tutti à falté degni di memoria nel mondo successi dell anno M D XXIITI fino a questo presente, Venise, Giolito de’ Ferrari, 1546, {0 358 ro) et reproduite par les historiens qui l'ont copié de première ou de seconde main : Paul Jove (fo 330 ro), du Bellay (XIX, 513), Cambiano et Gioffredo (Mon. hist. patr., L, col. 1086; et IT, col. 1445). Monluc, qui a lu, on le verra plus loin, le récit de la journée de Cérisoles dans Paul Jove, semble bien lui avoir emprunté l'erreur. à i.

6. Christiano Pagni à Cosme de Médicis, Gênes, 19 avril 1544 : ÇE mori in

donné un récit de Pévasion du sieur de Dros, Pa remplacé par un récit différent emprunté à Paul Jove. Les documents connus ne permettent de contrôler ni l’un ni l’autre; mais la préférence que Monluc donne à la version de Paul Jove prouve qu'il se défiat sur ce point de ses propres souvenirs.

Mondovi capitula le 4 novembre". C’est donc postérieurement à cette date que se place un groupe compact de petits faits qui ont afflué à la mémoire de Monluc : comment, le jour de la prise de Mondovi, il partit de Savigliano avec trente-cinq hommes pour essayer d'entrer dans la place et défit soixante soldats de la garnison de Fossano sur la route de Cherasco; comment, arrivé à Cherasco, il y apprit la perte de Mondovi et retourna à Savigliano, pour en averur Termes, après avoir rencontré vingt cavaliers allant vers Fossano qui, devant sa ferme attitude, se retirèrent, laissant l’un d’eux sur le terrain, vers Santo Albano *; comment, à l’appel de Termes, il courut à Bene, dont on pensait que le vainqueur de Mondovi allait faire le siège, puis revint en hâte à Savigliano, sur le bruit que del Vasto marchait dans cette direction; comment, ayant eu enfin des nouvelles certaines de la marche des Impériaux, qui, laissant Bene et Savigliano, s’en allaient droit vers Carignan par Monterone et Sanfré, il se mit à la poursuite de leur cavalerie, faillit s'emparer du due de Savoie près de Cavallermaggiore et enleva un convoi ennemi après avoir défait la compagnie de gens d’armes de M. de la Trinilà et les deux compagnies de gens de pied du capitaine Ascanio qui l’escortaient; comment del Vasto, poursuivant sa marche vers le nord, franchit le Pô et vint occuper Carignan, après avoir

questa fazione un monsignor di Dros, ch’ era governatore del Mondovi. » (Négoc. diplom. de la Fr. avec la Tosc., HI, 97.) — Voir aussi, sur cette affaire, une lettre de Vespasiano Bobba, Asti, 17 avril, qui dit que Carlo Vagnone, sieur de Dros, somma Pirro Colonna de se rendre, mais que celui-ci sortit à l’improviste de la place et le tailla en pièces avec cinq cents Français, citée par SeGre, Carlo IT di Savoia.…, p. 189, n. 4, qui signale encore, comme documents concordants, deux lettres de Girolamo Lucchesini, datées de Florence, 19 et 26 mai 1544.

1. Arch. d'État de Mantoue, Bobba, Mondovi, 4 novembre AO ICS EE GRe, Carlo IT di Savoia..., p. 181, et le récit de Marco Guazzo, op. cit., fo 356 ro-vo, qui place la capitulation le 3.

2. Santo Albano, au sud de Fossano et à l’ouest de La Trinità, rive droite de la Stura. — De Ruble, trompé par le nom d’Albe, que Monluc donne à cc lieu, l’a identifié avec la ville d’Alba, sur le Tanaro. L'erreur est grossière.

LES € CORVÉES )» DE MONLUC A SAVIGLIANO. 1Ar

défait et pris le gouverneur de cette place, d’Ossun, qui n'eut pas l'adresse de se retirer à temps.

Ces faits, à l'exception du dernier, ne sont mentionnés avec détail par aucun historien". Du Bellay s’est borné à noter que del Vasto, dans sa marche de Mondovi sur Carignan, « passa par devant Beyne et Savillan, lesquelles il trouva si bien pourveues qu'il ne les voulut assaillir » ?. Monluc a raconté avec une minutie complaisante, heure par heure, les nombreuses et pénibles « corvées » qu’il fit dans ces journées d’alerte perpétuelle qui suivirent la prise de Mondovi par del Vasto. Il est naturel de penser que cet événement jeta l’émoi dans toutes les villes voisines occupées par des garnisons françaises, qui se sentirent menacées : Bene, Savigliano, Cherasco, Carignan, et jusqu’à Turin. Maîtres de Mondovi, qu’allaient faire, en effet, les Impériaux? Ils pouvaient, remontant le Tanaro, s'emparer de Bene, dont le comte, Giovanni Ludovico Costa, et sa mère, la comtesse Bonavilla, étaient des partisans ardents de la France 3; ou bien, prenant pour base d'opérations la forte place de Fossano, sur la Stura, qu'ils gardaient précieusement depuis qu'Antonio de Leyva Pavait fait capituler le 5 juillet 1536, marcher à leur gré sur Savigliano ou sur Cherasco. Le récit des Commentaires, lu avec l’aide d’une carte, permet de voir combien critique était la situation de ces places. Il est permis de douter que Monluc ait songé sérieusement à entrer dans Mondovi assiégé en suivant le lit de lEllero ; il dit fort bien lui-même que, pour s’y rendre de Savigliano, il fallait faire un grand détour par Marene et Cherasco, afin d'éviter Fossano. Mais ses allées et venues entre Savigliano, Cherasco et Bene sont très vraisemblables.

Il est possible d’aller plus loin et de contrôler au moins certains détails de son récit. Nous avons, en effet, deux lettres de

1. Cambiano les a reproduits (col. 1076-1077) en résumant Monluc et en identifiant quelques noms de lieux.

>. Du Bezrav, XIX, 479.

3. Giovanni Ludovico Costa, comte de Bene, était frère de Giorgio Maria Costa, dit M. de la Trinità, qui était resté fidèle au duc de Savoie. (ADRIAN, Notes à la vie du cardinal Santa Croce, dans les Miscell. di stor. ON 0 Ve 638.) Guazzo rapporte que la comtesse de Bene, qui reçut si bien None assiégea et prit, en juillet 1544, la place de la Trinità, qui appartenait à son fils

Giorgio Maria.

l'agent mantouan Vespasiano Bobba, qui accompagnait del Vasto ; elles nous renseignent sur tous ces mouvements des Impériaux qui inquiétaient si justement les capitaines français *. Après avoir reçu la capitulation de Mondovi, del Vasto leva son camp le vendredi g novembre, se dirigeant vers Fossano. Pirro Colonna fut chargé d'enlever, au passage, Rocca de’ Baldi, petite place sur le Pesio, affluent du Tanaro; mais il rencontra de la résistance. Del Vasto, ne voulant pas retarder sa marche, lui ordonna de faire occuper simplement trois villages voisins et de le rejoindre à Santo Albano. Le document ne dit pas que les Impériaux se présentèrent devant Carrù et y séjournèrent trois ou quatre jours, comme le prétend Monluc pour expliquer Fémoi qui régnait dans Bene. C’est entre le vendredi 9 et le lundi 12 novembre qu'eurent lieu leurs mouvements de Mondovi à Fossano, où Monlue dit qu'ils franchirent la Stura, puis vers Marene et Cavallermaggiore, où Bobba nous apprend que del Vasto et le duc de Savoie arrivèrent le 12. Monluc place € ung dimenche » son départ de Savigliano pour Bene et il ajoute que, deux jours après son arrivée dans cette ville, l’ennemi marcha de Mondovi à Fossano par la Trinità. On voit que ses souvenirs sur ce dernier point lont certainement trompé. Il est plus exact lorsqu'il fait allusion aux compagnies de Suisses, que leur colonel James de Saint-Julien ne put retenir à Bene et que, revenant à Savigliano, il rencontra près de Cherasco, en marche vers Carignan. Bobba raconte que del Vasto, arrivant à Cavallermaggiore, apprit que trois compagnies de Suisses y étaient passées et se trouvaient à Racconigi, venant de Cherasco et allant vers Carignan ou Pignerol. Il envoya sa cava- Jerie et une partie de son infanterie espagnole, avec D. Ramon de Cardona, à leur poursuite. Les Impériaux harcelèrent les Suisses Jusqu'à Moretta, mais n’osèrent les attaquer et les laissèrent filer vers Villafranca. Quant à expliquer chronologiquement la succession des faits racontés par Monlue, il y faut renoncer. En tout cas, si c’est le dimanche 11 qu'il était à Bene, il est matériellement impossible d'admettre qu’il y resta deux jours, qu'il revint à Savigliano et qu'il y fit revenir son lieutenant Favas avant le mardi matin, où Termes dut apprendre (à la

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