OCGUPATION DE CARIGNAN PAR DEL VASTO
garnison dans Carignan, que le marquis décida de fortifier. Paul Jove dit que del Vasto répartit ensuite ses troupes dans les quarüers d'hiver; Monluc, plus précis, énumère ces divers quartiers et nomme Îles capitaines qui furent chargés d’y commander. Une lettre de Bobba, du 17 novembre, confirme en partie son témoignage. Le 15, del Vasto se rendit à Carignan et décida de forüfier la place, à l'exclusion des faubourgs qui étaient ruinés; il donna mille écus pour commencer les travaux ‘. Il laissa dans Carignan un {ercio d'Espagnols et les Allemands du comte Félix d’Arco *, et ordonna à Ludovico Vistarino de ramener le reste des troupes à Chieri?. Il mit le colonel Cesare Maggi en garnison dans le marquisat de Saluces avec trois mille aventuriers italiens et le tercio de D. Ramon de Cardonat, et fit passer sur la rive gauche du PÔô quelques compagnies d’infanterie et de cavalerie. Les quartiers d'hiver ainsi réglés, del Vasto partit pour Asü, d'où il gagna Frassinetto, puis Vigevano 6.
Les documents sont plus rares pour contrôler la suite du récit de Monluc jusqu'aux opérations de Boutières dans le Vercellais
1. Monluc dit que le marquis « désigna » un fort à Carignan, mais ajoute qu'il y «enferma le bourg ». Du Bellay est d'accord avec lui pour ce détail.
2. « Et y laissa deux mil Espaignolz et deux mil Allemandz. » — Du Bezray : « Quinze cens Espagnols naturels, des vieilles bandes, et le comte Felix, colonnel de deux mille cinq cens lansquenets. » (XIX, 480.) — Moro, p. 179 : « Die eo Pirhus Colonna romanus cum novem vexilis Hispanorum et comes Felix cum sex vexilis Theutonicorum Cargnani castra ponunt. Locum propugnaculis cingunt. » — Guazzo, fo 356 vo : & Et lasciovi governatore il signor Pirro Colonna et il signor conte Felis d’Arco, colonnello di mille Alemanni, et Spagnuoli mille sotto il colonnello San Michiel Spagnuolo et altri capitani. »
3. « Puis s’en alla à Milan, après avoir renvoyé le demeurant de son camp à Quier. » — Du Beccay : « Et luy, accompagné du reste de son armée, se retira à Quiers, et après y avoir mis le seigneur Ludovic Vistarin, gentilhomme de Laude, et trois mille hommes pour favoriser ceux de Carignan, parce que nous tenions Villeneufve d’Ast, qui luy pouvoit beaucoup nuire, sous la faveur de laditte ville de Quiers; puis il se retira en Ast. » (XIX, 481.)
4. « Laissant à Carmaignole Cœzar de Naples avecques quelques enseignes ytaliens du nombre desquelz ne me sovyent, deux mil Allemans. »
5. « La cavalerie à Pingues, à Vinu et à Vigon. » — Vinu = Vinovo (et non Viu, comme le dit de Ruble; Vigon — Vigone. Prngues est un nom défiguré
où de Ruble a cru reconnaître « probablement Pignone, dans la province de Gênes ». Cambiano, mieux informé, avait deviné qu'il s’agit de Piobesi. Dans le premier ms. ce nom est écrit Pigues, Pingons et (Fo 43 vo) Probes, ce qui justifie pleinement l'identification de Cambiano.