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UNE REQUÊTE PRÉMATURÉE DE MONLUC

de le faire payer de ses gages de juin et de juillet’, et, le > décembre, il faisait demander au connétable une place de gentilhomme de la chambre. Brissac accompagnait cette requête d’un certificat très élogieux. Après avoir dit à Montmorency qu'il s’en remettait, pour le reste des affaires en suspens, à Francesco Bernardino, qu’il envoie en cour, il ajoutait : « Mais ne s’extendra, Monseigneur, ceste remise si avant qu'expressement je vous face une très humble requeste pour l’ung des plus humbles et affectionnez subgectz et serviteurs de Sa Ma, et qui a en vous sa totale confiance; qui est le s' de Montluc, à ce qu’il vous plaise, en considération de son service passé et de celuy qu’il faict journellement et qu’il est deliberé de faire pour jamais, tel que gentilhomme de bon cueur doit avoir en recommandation, le tant favoriser que de luy estre moien envers Sad. Ma à estre mis au nombre des gentilzhommes de sa chambre, qui est le principal contentement qu’il se desire pour le jour d’huy. Pour auquel vous induire, Monseigneur, j'estime n’estre grand besoing de vous faire forte instance, veu que vous estant bien informé de ses merites, 1l est tout certain que, selon votre bonne grace, ne luy pouvez porter autre folunté que de tel avancement que celluy dont tres humblement avec luy je vous supplie le vouloir graüffier”. » La démarche de Brissac montre que Monluc, dans les loisirs que lui faisait la paix, n’oubliait pas de se pousser. Le connétable trouva la requête un peu audacieuse, en tout cas prématurée ; ce fut au début de 1553 seulement, après deux campagnes où Monluc se distingua, qu'il le jugea digne de l’honneur qu’il sollicitait. Ce refus fut, sans nul doute, lune des causes du mécontentement de l’ambitieux Gascon à l’égard du connétable.

Une indication chronologique vague et inexacte renoue le récit. Ce n’est pas « cinq ou six mois » que, depuis l’arrivée de

1. Q Instruction au sr Corneille Bentivoille des poinctz et articles qu’il a à reférer à Sa Maté de la part de monseigneur le maral de Brissac », Turin, 28 septembre 1550 : « Suppliera très humblement Sa Maté de la part du s' de Montluc et du capre Jehan de Castres qu'il luy plaise commander estre faict paiement audict Montlue de ses gaiges des mois de juing et juillet dernier passez, et audict de Castres les siennes dudict juillet. Que telz serviteurs meritent bien ung tel bienfaict. » (Bibl. de Carpentras, ms. 4go, 0 12 vo.)

>, Brissac au connétable, Turin, » décembre 1550. (Bibl. de Carpentras,

ms. 490, fo 4o vo.)

Brissac en Piémont, l’on resta sans guerre. C’est le 27 mai 1551 seulement que le duc de. Parme, Ottavio Farnese, signa avec Henri II un traité d'alliance, par lequel le roi de France se déclarait protecteur de la maison des Farnèse, menacée par lempereur et par le pape Jules IT, et s’'engageait, pour défendre Parme, à fournir deux mille fantassins et deux cents chevaulégers, plus un subside annuel de 12,000 écus d’or. A la suite de ce traité, le pape déclara le duc Ottavio rebelle, déchu de ses titres et de son duché, et les troupes pontificales envahirent le duché de Castro, domaine d’Orazio Farnese, frère d’Ottavio. De son côté, le gouverneur du Milanais, don Ferrante de Gonzague, entra dans le duché de Parme et prit, en juin, Brescello et Colorno, qui lui servirent de base pour commencer le siège de Parme’. La période de paix fut donc, en réalité, de dix mois. Monluc a rappelé brièvement les débuts de cette guerre, qui fut, en effet, la cause de la réouverture des hostilités en Piémont, et cite les noms des deux capitaines qui commandaient pour le roi à Parme et à la Mirandole, Termes et Sansac, en insistant sur la belle conduite du second, qui soutint victorieusement le siège contre le neveu du pape Gianbattista delsMonte. Il ne dit rien du rôle actif joué dans cette guerre par Pietro Strozzi qui, avec Cornelio Bentivoglio, leva des troupes pour Henri Il, ravitailla Parme et en rendit le blocus illusoire”; ni des secours que le roi

de France décida dy envoyer #; ni du stratagème imaginé par

1. Sur les causes de la guerre de Parme, voir A. CEeruri, préface en tête de l'édition du Compendio slorico de Gosezuxt (Wiscell. di stor. ttal., XVI, 1877, pp. 106-113). — Sur la guerre : BaLanx, Glr assedi della Mirandola di papa Gialio LIT nel 1551 e 1592, narratt secondo à più recenti documenti, 1876; De Leva, La querra di papa Giulio III contro Ottavio Karnese sino al principio delle negoziastont di pace con la Francia (Rivista storica italiana, I, 1884); Cuuesr, Papa Giulio IT e la querra di Parma e della Mirandola secondo il carteggio di Zppolito Capilupi con Kerrante Gonsaga (Atti e Memorte della R. Deputazione di storia palria per le provincie modenesi , série IV, t, IV, 1893, pp. 219-230); De Lxva, Storia documentata di Carlo V, 1894, V, 140-223.

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