LA DEFENSE DE BENE (JUIN-JUILLET
Monluc a pris part à la défense de Bene; il a conté longuement comment il l’organisa avec le comte Giovanni Ludovico Costa et sa mère, la vaillante comtesse Bonawvilla, qu'il avait déjà secourus en novembre 1543. Mais une défaillance de mémoire grave lui à fait placer cet événement après le siège de San Damiano par D. Ferrante, c’est-à-dire postérieurement à janvier 1553. Il a donné pour le mois une date exacte : « Au commencement de Jung, que les bledz commensoyent à meurir..…. » Mais il s’est trompé pour lannée, très délibérément, d’ailleurs, car 1l a raccordé avec soin son récit du siège de Bene à celui du siège de San Damiano, qui le précède?. C’est ainsi qu’il affirme qu’il était à Bene, tandis que M. de Biron allait à la cour demander pour lui la place de gentilhomme de la chambre que Brissac proposait de lui donner pour le récompenser de sa belle conduite pendant le siège de San Damiano. Il affirme non moins hardiment que Brissac, lorsqu'il lui offrit d’aller se jeter dans Bene, lui « alla representer Lans, Sainct Damyan et autres lieux », pour le décider. Enfin, il note, en terminant son récit, que « quelques jours après » la levée du siège, le baron de Chepy revint de la cour où il était allé remercier le roi de la maîtrise de camp qui ne lui fut donnée qu’en février 1553, et que luimême s’en alla prendre possession du gouvernement d’Alba, qu’il reçut à la même époque. Ses souvenirs, on le voit, sont ici complètement brouillés. Faute de documents, il est impossible de contrôler son récit dans le détail. Il a, du moins, exactement noté que Brissac était alors à Carmagnola et que « monsieur de Savoye, qui estoyt Jeune », accompagnait D. Ferrante; il n’a peut-être pas exagéré la durée du « siège » (trente jours), si l’on entend par ce mot, comme le fait comprendre Boyvin, que Bene ne fut jamais
et vastato marchionatu Salutiarum ac relictis presidiis in castris Cardeti, Salutiarum, Busche et Dragonerii. » (p. 193.)