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LE SIÈGE DE SAN DAMIANO (JANVIER

ferrat la plus voisine d’Asti et la plus aisée, semblaitl, à prendre, San Damiano, pour en faire le siège “. Le: 1°" janvier 1553, il établit son camp sur les collines qui dominaient la ville et ouvrit assez mollement le feu; son arüllerie, qui tirait à coup perdu, ne fit pas grand dommage. Au bout de huit jours, il se rendit compte qu’il lui fallait faire le siège en règle, en dépit de l'opinion de son ingénieur qui lui avait promis que la place se rendrait au premier coup de canon. Bricquemault, qui en était gouverneur, se défendit vaillamment. Il parvint à éventer successivement trois mines creusées par l'ennemi pour pénétrer dans le fossé. Il fit escarper par les arquebusiers du capitaine Loup la plate-forme « du vieux pont » que l'artillerie impériale essayait en vain d'entamer. Le baron de Chepy et le capitaine Charry, descendus dans le fossé avec leurs gens, enlevaient les fascines à mesure que les soldats de D. Ferrante les y jetaient. Plusieurs sorties vigoureuses furent faites par la porte d’Asti et la porte de Canale et jetèrent le désordre dans les corps de garde impériaux. Enfin, la ville fut secourue de trois côtés à la fois : la garnison d’Alba venait toutes les nuits donner lalarme aux assiégeants ; celle de Villanova d’Asti envoyait des coureurs qui gênaient beaucoup le ravitaillement de leur camp; de la Cisterna d’Asti arrivaient à Bricquemault les secours en poudre, plomb et cordes d’arquebuse réclamés à Brissac. Le 16 janvier, D. Ferrante, découragé par la neige et la pluie qui tombaient sans discontinuer, n'ayant plus d'argent pour payer ses troupes, leva le siège et battit en retraite sur Asti et Alexandrie *.

Monluc a raconté comment il se rendit de Carmagnola à la Cisterna d’Asti pour aider le capitaine de cette place, Torquato

sach è& a Brà con vu fanti et 800 cavalli, et mostra dubitare che S. Ecca non si volti adosso ad alcuna di quelle altre sue frontiere... » Henri IT au duc de Guise, 14 décembre : € Mon cousin de Brissac a departy le reste de ses forces par les places voisines, affin que s’il [D. Ferrante] attaque, il soit travaillé et incommodé autant que faire se pourra. » (Mém.-Journ. du duc de Guise, coll. Michaud, VL 143.) : ;

1. Brissac annonçait cette nouvelle le 11 janvier à Henri II. (Brissac au roi, Chieri, 11 janvier, B. N., fr. 20/49, fo 177; Copie.) | :

>. Monfort à Maugiron, Villanova d’Asti, 11 janvier (Bull, da Com. des trav. hist, 1893, pp. 49-47). — Bricquemault à Brissac, ct Damiano, 15 Janvier (B. N., fr. 20449, fo 281, publ. par MarcHaxp, PP- 588-590). — Brissac au roi, Chieri, 17 janvier (B. N., fr. 20449, fo 181, copie). — Peter Vannes au

Torto ‘, à ravitailler de poudre et de plomb San Damiano assiégé ; comment il parvint à y introduire de nuit deux convois de munitions, grâce à la bravoure de son lieutenant Charry, tandis que le baron de Chepy en faisait autant du côté d’Alba; comment Charry, entré dans la place, travailla à débarrasser le fossé des fascines que les Impériaux y jetaient pour le combler; comment lui-même enfin, à la nouvelle que D. Ferrante levait le siège, après en avoir averti Brissac, courut à San Damiano, tenta d'attaquer les Impériaux sur leur retraite et fut battu par eux. Les documents, on le voit déjà, confirment les plus importants détails de ce récit. La lettre de Monfort à Maugiron donne pour l’armée de D. Ferrante des chiffres inférieurs à ceux de Monluc*. La dépêche de Bricquemault fait un très bel éloge de la conduite de Charry et du baron de Chepy, et mentionne plusieurs des gentilshommes cités par Monluc comme s’étant jetés volontairement dans la place : M. de Chavigny, M. de Classé, fils de Vassé, MM. de Saint-Romain et du Puy-du-Fou . Gosellini, le panégyriste de D. Ferrante, concorde avec ce que disent les Commentaires des derniers efforts faits par les assiégeants, mais il

Conseil, Venise, 28 janvier (Sfate papers, foreign, Edward VI, no 612). — Gosezzini, Compendio, pp. 239-240.— Luca Conrire, 0p. cit., fo 202 vo.

1. Voir sur ce personnage, dont Monluc ne donne pas le nom, et sur la Cisterna, que Giangiorgio della Rovere lui avait aliénée pour 5,000 écus d’or, Gaupenzio CLarerra, Sulle principalt vicende della Cisterna d’'Asti dal secolo XV al XVIII (Memorte della R. Accad. delle science di Torino, 1899, pp: 165-238). — On a de Torquato Torto une lettre au duc d’Aumale, gouverneur de la Savoie et du Dauphiné, datée de la Cisterna, 8 juin 1548 (B. N fr. 20549, fo 75, orig.).

dE)

2. Monluc dit que D. Ferrante avait 6.000 Italiens, 6.000 Allemands, 4.000 Espagnols, 1.200 chevau-légers et 400 hommes d’armes (total : 17.600 hommes). Monfort donne 3.000 Espagnols, 5.000 Italiens, 6.000 lansquenets et 1.800 chevaux (total : 15.800 hommes), Monluc a exagéré.

3. Sur François le Roy, seigneur de Chavigny, comte de Clinchamp, voir BRaANTÔME, III, 412; IV, 341; V, 1799. — Sur Classé, voir Boyvin ou VILLARS, XXIX, 551-552, DirGco pe Fuenres, Conquista de Africa, Anvers, 1530, pet. in-80, p. 69, et Branrôme, IV, 193-176, qui parlent de son rôle dans le curieux combat qui eut lieu en 1555, sous les murs d’Asti, entre le duc de Nemours et trois capitaines français, et le marquis de Pescara et trois Capitaines impériaux. — Monluc cite, de plus, M. de Boury, dont on retrouve aussi le nom dans Branrôme (V, 434), et le sieur du Puy-du-Fou qui était guidon de la compagnie de Brissac en Janvier 1558. (Brissac au cardinal de Lorraine, Chieri, g janvier 1558, B. N., fr. 20451, fo 87, copie.)

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