RAVITAILLEMENT DE SAN DAMIANO
attribue l’insuccès de la batterie finale au mauvais temps". Luca Contile, le biographe de Cesare Maggi, atteste avec Monluc la part que prit le fameux colonel à l’entreprise, mais ne dit pas qu'il faillit y être fait prisonnier à l’orifice d’une mine : son récit est très vague. Quant à Boyvin, il exagère naturellement le rôle de Brissac; mais il fait pourtant un pompeux éloge de la « diligence, bonne conduicte et prevoyance » de Moulue, qui furent « admirables » et « en partie cause du salut de la place »?. Dans le détail, les deux récits sont assez différents, celui des Commentaires beaucoup plus ample et plus minutieux : Boyvin mentionne cependant l’envoi de la Cisterna et l'entrée à San Damiano, de nuit, des deux convois de poudre 3; il parle du ravitaillement du côté d’Alba#; il raconte enfin la sortie des assiégés au moment où les Impériaux levèrent le siège, sans noter d’ailleurs que Monluc y coopéra en accourant de la Cisterna ÿ. Boyvin dit que le siège avait duré «trois mois ». Mais il se contredit lui-même, car il a écrit ailleurs que Brissac fut averti le 31 décembre que D. Ferrante marchait vers San Damiano, et il ajoute que le siège fut levé le 22 janvier, indication fantaisiste. Une lettre de Brissac au roi donne la date exacte : 16 janvier, qui concorde de la façon la plus précise avec ce que Monluc dit de la durée du siège 5
Dès le lendemain, Brissac dépêcha à la cour pour annoncer la nouvelle, non pas Biron, comme le disent les Commentaires,
1. « Quella mattina che dovea cominciarsi la batteria, fu una tal nebbia, che per fin a le venti hore non più vi si vide, che se stata fosse oscura notte... Il di seguente la nebbia continovd come la precedente havea fatto. »