AVANT-PROPOS
L'étude critique des sources narratives de l’histoire au seizième siècle est encore très imparfaite!. On le comprend sans peine : l’historiographie est une science modeste et sans éclat, qui exige un long et patient labeur. Il est plus agréable, et il semble plus aisé, d'aborder directement l’histoire. Le malheur est que souvent, même aujourd’hui et dans les travaux les meilleurs, on oublie un peu trop que les sources narratives sont très inférieures aux documents d'archives ; on les cite, on les utilise au même rang, sans en avoir fait une sévère critique. La trame du récit se trouve ainsi formée d’un bizarre amalgame de renseignements précis et sûrs et d’anecdotes suspectes, de faits mal établis, d’affirmations dont le seul garant est la valeur d’un témoignage qu'on a négligé de contrôler. Les jugements, Îles idées générales, l’œuvre historique entière reposent sur des fondements dont les matériaux sont d’espèce et de qualité
1. Voir, sur la question, P. Caron et Pr. Sagnac, L'élat actuel des études d'histoire moderne en France (publication de la Revue d'histoire moderne et contemporaine, Paris, 1902); Henri Hauser, Æéstotre de la France au sciztème siècle, dans la Revue de Synthèse historique, 1902, pp. 200-232, et Les Sources de l'histoire de France, seisième stècle (1494-1610), 1, avant-propos (Paris, A. Picard, 1909, in-80). Pour le règne de François ler, voir V.-L. Bourrizzy, Le règne de François 1er, état des travaux el questions à trailer, dans la Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1902-1903, t. IV, pp. 513-53r, 585-605,