XX AVANT-PROPOS
très inégales, où le ciment est trop souvent remplacé par un simple blocage, et dont la solidité n’est qu'apparente.
Le nombre, la richesse d’information, souvent la valeur litéraire des Mémotres du seizième siècle expliquent que les historiens de cette époque aient, plus que d’autres, cédé à la tentation. En particulier, l’histoire militaire des règnes de François 1% et de Henri IT, celle des guerres civiles ont surtout été écrites jusqu'ici à l’aide de ces sources narratives, dont il serait puéril de nier la valeur, mais dont 1l eût été d’abord indispensable de procurer des éditions critiques. Nous n’en possédons pas encore pour la plupart. Le dixseptième et le dix-huitième siècles nous ont donné de ces Mémoires des éditions très imparfaites, que les collections entreprises, de 1780 à 1840, par les Roucher, les Petitot, les Buchon, les Michaud et Poujoulat n’ont fait que reproduire en v ajoutant des fautes nouvelles, Depuis 1850, la Société de l’histoire de France, tout récemment la Collection de textes pour servir à l’enseignement de l'histoire, ont entrepris de substituer à ces réimpressions insuffisantes des textes établis d’après les règles de la critique, accompagnés des notes et des éclaircissements nécessaires. Mais la tâche est immense et les travailleurs ont été, jusqu'ici, peu nombreux. Si nous avons une édition sérieuse du Zoyal servileur, nous attendons encore un texte authentique des Mémoires de Fleuranges?. Une édition critique des Memotres de Guillaume et de Martin du Bellay est en préparaton*; mais les auteurs de mémoires militaires relatifs au règne de Henri I, Boyvin du Villars, Rabutin, n’ont pas encore trouvé d’éditeurs. Nous croyons avoir un Prantôme,