‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 201 sur 533 · Decrue, Anne de Montmorency, W · texte numérisé non relu

Decrue, Anne de Montmorency, W

3. Arch. d'Etat de Mantoue, Annibale Litolfi, 15 juillet. — Henri II à Brissac, 19 août (B. N., fr. 20/49, F0 233, copie). Ce document est analysé dans le « Memoire rendant raison de la guerre faicte en Pyemont en l’année 1553 » sous la date du 11 (Bibl. de Carpentras, ms. 490, F0 315 ro).

4. Get engagement est raconté en détail dans une lettre de Brissac au roi, San Stefano Belbo, 22 juillet (B. N., fr. 20449, fo 219, copie).

5. Voir sur ces faits SeGre, /{ richiamo di D. Ferrante Gonsaga.…., P+ 196.

6. L'ordre lui avait été apporté par La Molle (Brissac au connétable, 27 juillet, B. N., fr. 20449, fo 224, copie).

7. Voir le texte de la trêve et une relation des pourparlers qui l’amenérent dans le ms. 490 de la Bibl. de Carpentras, fos 318 ve-321 ro.

tembre, puis prolongée jusqu’au ro octobre, que Monluc revint en France; il avait quitté le Piémont le 19 septembre”.

De cette dernière campagne de Brissac, que les documents permettent de reconstituer en détail, il n’a conservé dans son livre que deux épisodes : la prise de Ceva et celle de Cortemiglia. Il en a interverti l’ordre ; le second fait est raconté dans les Commentaires avant le premier. Cambiano et de Thou ont été victimes de cette interversion chronologique due à une défaillance de mémoire que lon peut expliquer”. On à vu que Monluc parut devant Cortemiglia le 19 juin avant de marcher sur Ceva et qu’il y revint ensuite au début de juillet. Cette circonstance montre comment ses souvenirs sur ce point se sont brouillés. Suivant son habitude, 1l n’a, d’ailleurs, donné aucune date, plus prudent et moins inventif que Boyvin, qui donne hardiment pour la prise de la redoute de Ceva, qui eut lieu le vendredi 22 juin, la date du 17 avril et celle du 30 pour larrivée de Brissac devant Cortemiglia. Les Commentaires mentionnent exactement, avant le siège de Ceva, la prise de Serravalle et de deux autres petites « vilattes »5. La description qu’ils donnent de la redoute et de l’ermitage concorde avec celle de Boyvin et toutes deux sont confirmées par les documents*. Le biographe de Brissac a raconté à sa manière le siège de Ceva : il dit que son héros assista à la prise de la redoute et il lui en fait honneur. Monluc, plus exact, dit que Brissac n’arriva qu'après. Les deux historiens parlent de la mort du capitaine qui commandait la redoute; Monluc s’est souvenu d’avoir vu étendu «sur la porte » le cadavre de cet homme d'environ soixante ans, « car il estoit tout blanc »; Boyvin, plus précis, mais plus inexact, l'appelle « le comte Bas ». On a vu que son nom était Bonconte de Carpegna. Ce que dit Monluc du rôle de Sampiero Corso dans Îles pourparlers qui amenèrent la capitulation est rendu vraisemblable par la dépèche de Brissac au

1. Brissac au connétable, Turin, 19 septembre (B. N., fr. 20537, F0 261).

. Cawsrawo, Aistorico discorso, iv. IL (#onum. hist. patr., vol. I, Scripsu col. 1114). Cambiano, d’ailleurs, dans son récit des campagnes de Brissac, n’a fait que résumer sèchement les Commentaires. — D: Tuovu, Il, 368- sx . L'erreur commise par Monluc a été redressée par MARGnAND, 0p.ctt., p.219, n. 8.

3. Boyvix (XXIX, 181) donne de la prise de Serravalle un récit assez semblable à celui de Monluc. Il ajoute qu’il prit Dogliani. 4. Bovvin pu Viccars, XXIX, 182.

roi qui proposa ce capitaine, entre autres, comme gouverneur de Ceva'. Boyvin est d'accord avec Monluc pour dire que celui que Brissac choisit, en fin de compte, fut le capitaine Loup, assertion confirmée par une lettre de Brissac au connétable, du > août”. Son récit est, du reste, plus complet que celui des Commentaires, qui insiste sur l’escarmouche du 22 juin et la prise de la redoute, mais tourne court ensuite et ne donne que quelques lignes à la batterie et à la capitulation.

C’est aussi un épisode seulement du siège de Cortemiglia que Monluc a conté par le menu. Le maréchal, dit-il, le prit avec lui en passant à Alba. C’est le 2 juillet, « après disner », que Brissac en partit, au reçu de lettres de Bonnivet, qui lPinformaient que les ennemis s’étaient renforcés à Cortemiglia 3. Après avoir décrit brièvement le site, la ville coupée en deux par la Bormida di Millesimo, qui la traverse, et noté que la batterie fut sans effet contre la muraille du château qui regardait vers le faubourg de la rive gauche*, Monluc insiste longuement sur les moyens qu'il employa pour découvrir un point plus vulnérable, et narre avec de minutieux détails comment il fit sonder la rivière, découvrit qu’elle était guéable et y fit passer pendant la nuit trois canons qui furent amenés derrière le château et protégés par une solide gabionnade. Il a raconté avec complaisance et parfois avec verve cette belle prouesse, analogue à celle de Lanzo et qui dut contribuer à lui faire cette réputation de « fort digne homme de siège » dont a parlé Brantôme. Son récit est confirmé par celui de Boyvin, beaucoup plus bref, du reste, et plus vague. Gosellini, le panégyriste de D. Ferrante, qui ne donne aucun détail sur le

1. Le roi rappela en France Sampiero (Brissae au roi et au connétable, 22 et 27 Juillet, B. N., fr. 20449, os 219 et 224, copies).

2. « Monseigneur, J'ay faict entendre au capitaine Richelieu le choix qu'il a pleu à Sa Majesté faire de luy en le pourveoyant de la capitainerie du lièu de Courtemille, Il vous plaira luy ordonner quelque estat et entretenement pour la dicte charge, et au semblable au capitaine Loup, qui prendra le gouvernement de Ceve pour les raisons que J'escrips à Sadicte Majesté, » (B. N., fr. 20449, fo 227. copie.)

3. Brissac au connétable, Alba, 2 juillet (B. N., fr. 20449, fo 213 ro, copie).

4. Voir la description de Boyvix, XXIX, 189. Monluc a oublié de dire que les Français s’emparèrent d'abord de la ville, mais le fait ressort de tout son récit.

». Boxvix pu Vicrars, XXIX, 100-191.

} NEGOCIATION DE BUTTIGLIERA. 297

siège de Ceva, est aussi moins complet pour celui de Cortemiglia ; il attribue la capitulation du gouverneur espagnol, qu'il appelle le capitaine Gama (Monluc le nomme D. Diego), à la ruine par le canon français du revêtement de la muraille et ne dit mot du reste". Monluc, d’ailleurs, déclare que les pièces placées par lui n’eurent même pas besoin de tirer. Enfin deux lettres de Brissac confirment que le gouvernement de Cortemiglia fut donné au capitaine Richelieu, comme le disent Monluc et Boyvin*.

Les Commentaires, on l’a vu, sont absolument muets sur la suite des opérations jusqu’à la trêve de Buttigliera. De Ruble a remarqué avec raison que l’auteur n’a rien dit d’une négociation à laquelle il fut mêlé et qui précéda la trêve. Au début d’août, il fut chargé de traiter d’un échange de prisonniers avec Ludovico Vistarino, gouverneur d'Asti. Ce n’était qu’un moyen pour Brissac d’amorcer la question de la trêve ?. Gosellini et Boyvin ont raconté en détail les entrevues de Monluc et de Vistarino : le second repoussa d’abord toute ouverture en alléguant la déloyauté de la rupture en septembre 1551, mais l’objection était de pure forme et la suspension d’armes allait être signée quand Monluc, au nom de Brissac, demanda que LD. Ferrante évacuât d’abord la partie du Monferrat, territoire français, qu’il occupait. Cette prétention mit fin aux pourparlers. Ils furent repris à la fin du mois et aboutirent à la trève. Mais Monluc n’y eut point de part; les signataires furent : pour D. Ferrante, D. Alvaro di Sandez, maître de camp général des Impériaux, et le commissaire général Sigismondo Faulino della Torre; pour Brissac, le capitaine Montbazin, gouverneur de Moncalieri, et Monferrand, maître des requêtes et auditeur du roi en Piémont*. Ce fut la

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