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STROZZI ET MARIGNAN DANS LE VAL DI CHIANA

des pics et quatre compagnies de pionniers, il s’éloigna de Sienne dans la direction d’Asciano. On disait qu'il allait vers le Val di Chiana. Il laissait dans la vill:, dit Sozzini, « Mgr. de Monluc, homme du roi, de grand esprit, expert aux armes », en qualité de vice-roi, avec deux mille gens de pied et cent cavaliers.

Les Commentaires ne contiennent pas un récit méthodique et complet des opérations de Strozzi et de Marignan, qui commencèrent le 17 Juillet et aboutirent le 2 août à la journée de Marciano. Monluc à seulement voulu mettre en relief les efforts qu'il dit avoir tentés pour empêcher Strozzi de décamper de nuit, et les mesures qu'il prit pour préparer les Siennois à la nouvelle d’une défaite, qu'il regardait comme certaine. Mais il à fait aussi des allusions nombreuses et plus ou moins précises aux opérations, tout en faisant remarquer qu'il n’en fut pas témoin oculaire. IT importe de les expliquer et de les contrôler ’,

Il paraît laisser entendre que le marquis « prit son chemin devers Mauchane » au moment où Strozzi quitta Sienne. C’est le 22 seulement que Marignan levait son camp; on ignorait à

1. Les principales sources narratives pour l’étude de la campagne du Val di Chiana et du combat de Marciano sont : 10 le Discours justificatif de Strozzi déjà cité ; 20 la Relazione della rotta di Piero Strozst datagli dal marchese di Marignano, lettre écrite par le marquis à Charles-Quint, du camp, le à août, publ. par Ruscerrx, Leltere de’Principr, réimpr. par A. Cerurr dans les Miscellanea di storia italiana, XVH, 345-350, sans indication d’origine; 30 les Racconti de Grrocamo Rorria (Archiv. stor. ital., I, 562-582); 40 la Relazione de Monrazvo ; 50 les Notizte della vittoria riportata: dagl’Imperiali presso Marciano, scritle da un anonimo (Arch. stor. ital., W, 585-590), relation florentine dont l’auteur était à Arezzo ; 60 le Driario de Sozzinr, très inférieur, intéressant surtout pour connaître l’impression produite à Sienne par la nouvelle de la défaite. A ces sources, il faut joindre des œuvres d’un caractère plus littéraire que documentaire, d’origine florentine, comme : La rotta che hebbe il signor Piero Stroszt dal signor marchese di Marignano, Florence, 1585; Lamento di Piero Strozsi sopra la rotta ch ‘ebbe nelle Chiane d'Arezzo dal signor marchese di Marignano, generale di Sua Eccellensa, Florence, par Domenico Giraffi. Enfin, les principaux récits du combat sont ceux de MissaGzia, Vita di Gio. Jacomo Medici, marchese di Marignano, Milan, 1605, pp. 166-167; Azeizzr, Vita di Piero Strozzi, PP 976-581 ; PETRO ANGELIO D1 BarGa, protégé de Guillaume Pellicier, poète et érudit distingué, auteur d’un De bello senenst commentarius, dont la Frémiéresparue ile seule conservée, s'arrête après le combat de Marciano de a été publiée à Florence, en 1609, par Domenico Morenio, chanoine de San Lorenzo ; enfin, ADRIAN, Istoria de’ suot tempi, 1,7895.— Quant au récit de Pecci, cité par de Ruble pour contrôler Monluc, il a été composé à l’aide des Commentarres.

Sienne s’il voulait marcher sur Arezzo ou barrer à son adversaire la route du territoire florentin ‘. Monluc ajoute que Strozzi avait laissé dans Marciano quatre enseignes; Marignan parle de douze, Roffia de on£e. Il hésite pour savoir qui des deux, de Strozzi ou du marquis, « tenait » Marciano : en fait, au début de la campagne, la place était au pouvoir des Impériaux; le jeudi 19 juillet, Strozzi était allé la reconnaître; le samedi 21, il s’en empara*. C’est la première hypothèse de Monluc qui est la vraie. Il avoue, d’ailleurs, sa défaillance de mémoire : « Bonement, dit-il, Je n’ay souvennance lequel c’estoict. » Les Commentaires font une simple allusion aux opérations de Strozzi et de Marignan du 17 au 29 : QC Ils demeurarent huict ou neuf jours ayans leurs camps à sept où huict mil, Pung allant pour prendre quelque place et l'aultre suivant pour le secourir. » Le mardi 24, le marquis obligeait Strozzi à déloger de devant Civitella, qu'il se disposait à battre; mais il ne pouvait l'empêcher de prendre d'assaut Fojano, le vendredi 27. Il marcha alors vers Marciano, s’empara de la ville, mais, faute de pièces de siège, ne put emporter le château. Le 29, Strozzi le rejoignit et les deux armées prenaient leurs positions, que Monluc précise en homme qui a certainement visité le champ de la bataille. « Comme le marcquis sentit approcher monsieur le mareschal, il luy fist place, et leve son artillerie, et se met ung peu à main droicte de la ville, à cent cinquante ou deux cens pas, et s’eyde de deux ou trois petites montaignolles, dens lesquelles il se retrencha, et du cousté où estoinct les fontaines. Monsieur le mareschal se vinct camper entre le marcquis et la ville, au long d’ung grand chemin creux qu’il y avoict. » Roffia et Montalvo sont beaucoup moins précis. Sozzini insiste, comme Monluc, sur le manque d’eau et dit qu’au camp de Strozzi on la vendait « soldi quattro 1l boccale ». En réalité, les deux adver-

1. Relation de Marignan (Wiscell. di stor. ital., XNH, 345). — Cavalcanti au duc de Parme, Sienne, 23 juillet (Lettere di B. Cavalcanti, pp. 89-90).

2. Cavalcanti au duc de Parme, Sienne, 21 Juillet (r6rd., pp. 87-88). — Ror- FIA, p. 66. Sozznt (p. 267) dit que Monluc fut informé le 22 de la prise de Marciano.

3. Relation de Marignan, p. 346. — Sozzint, pp. 268-269. — Rorrra, pp. 57o-

4. CF. Marignan : « Lo Strozzi s’accampô lasciandosi la terra di Marciano per il fianco, nè da l’uno à l’altro exercito era più distanza d’una archibu-

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