MESURES ÉNERGIQUES PRISES PAR STROZZI
« dans une muraille de maisons rompues » '. Le danger qu’il courut est confirmé par une lettre des magistrats de Sienne ?. La fuite des vieux capitaines qui laccompagnaient est menionnée par Sozzini, qui ajoute, comme les Commentaires, qu'ils entrèrent le surlendemain dans la ville et cite, outre Carlo Carafa, le futur cardinal-ministre de Paul IV, le colonel Chiaramonte et le capitaine Alessandro ‘da Terni, dont Monluc avoue avoir oublié les noms. Il est intéressant de noter qu'il a dédaigné de citer Odet de Selve, qui était pourtant un grand personnage. Quant au gentilhomme français « que le Roy avoict mandé vers monsieur le mareschal après avoir entendu la perte de la bataille », Monluc désigne ainsi M. de Saint-Luc, qui, parti de Rome le 28 septembre seulement, s'était rendu à Montalcino et, n'y ayant pas trouvé Strozzi, était venu le rejoindre à Sienne 3.
Cest vingt-deux jours, du 18 septembre au ro octobre, et non douze, que Strozzi resta dans Sienne. Monluc est absolument muet sur les mesures qu'il prit, en particulier sur deux décisions importantes, lexpulsion des bouches inutiles, conseillée par de Selve et par le cardinal Farnèse*, en particulier des enfants de lhôpital della Scala, si pathétiquement racontée par Sozzini ”, et la nomination de magistrats extraordinaires, investis d’une autorité dictatoriale, les Ofto sopra la querra, faite par Strozzi, de Selve, Monluc et Saint-Luc, en vertu de pouvoirs discrétionnaires que leur conféra le Consiglio generale dans sa séance du dimanche 7 octobre. Ces mesures énergiques, prises
1. C’est bien son état de santé qui avait empêché Strozzi de monter à cheval et de se rendre plus tôt à Sienne. Voir deux lettres qu'il écrivait le 14 septembre, de Montalcino, au connétable; le 28, de Sienne, au roi. (B. N., fr. 20/55, fos 99 et 245, orig.)
2. « Venne l’eccellentissimo signor Piero a Siena, con gran suo pericolo... » (Cité par Mile A. CopPpini, op. cit, p. 130.)
3. Saint-Luc au connétable, Montalcino, 29 septembre, — Saint-Luc était le second courrier envoyé à Strozzi depuis la défaite de Marciano. On lui avait d'abord dépêché Breton-Villandry. (Tolomei à la seigneurie de Sienne, Compiègne, 23 août, dans Ale. lelf, polit. di CT. Tolomer, pp. 30-51.) ,
4. Sozzint, p. 299. — Le cardinal Farnèse à la république de Sienne, Rome, 15 septembre. (Arch. d'Etat de Sienne, Concilio generale, reg. 246, 0 227 r0.)