‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 229 sur 533 · STROZZI QUITTE LA VILLE (II OGTOBRE · texte numérisé non relu

STROZZI QUITTE LA VILLE (II OGTOBRE

en jugeait de même : le 12 octobre, il chargeait Saint-Luc de deux lettres au roi et au connétable, où il disait : « Je suis condamné par les médecins de ne recouvrer d'un an, ne par adventure de ma vie, ma sainté, à tout le moings tant qu’il fauldra que mon esprit travaille, et vous sçavez que icy le plus et le mieulx entendu y aura assez affaire. Par quoy vous supplie très humblement que, après le sieige, il vous plaise mander quelqu'un par deça en ma place, et à moy me donner mon congé pour me retirer en quelque lieu pour recouvrer ma sainté, qui seroit à Montpellier, si Dieu me faisoit la grace de le pouvoir gaigner.….. Je demeure toujours en peine, craignant que pour ma maladie il survyenne quelque faulte, dont j’aymeroys beaucoup myeulx que Dieu m’envoyast cent fois la mort '. »

Les détails donnés par Monluc sur le départ de Strozz, sur la route qu'il prit audacieusement, par Porta Camollia, en descendant « à main droicte dans le valon, laissant le fort de Camollia au-dessus », et s’en allant «le long du ruisseau tirant au palais du Diau » pour gagner de là Casole d’Elsa, au nord-ouest de Sienne, sont confirmés par une lettre des Huit à l’évêque Tolomei et à Bernardo Buoninsegni, orateurs de la république près le roi de France datée du 11 octobre”, et par une dépêche de Concino, secrétaire du duc Cosme, du 12 : « La notte precedente, usci di Siena con pochi cavalli et con 150 archibusieri a 4 hore di notte, tenendo la strada fra l’Osservanza el quel nuovo fortino dirimpetto alla casa del Diavolo [c’est le vallon à droite de Porta Camollia]. Il marchese... fece far quella notte la pit grossa imboscata che mai si sia fatta, posendola verso Fontebeccia ?. » Monluc fait allusion à cette embuscade, dans laquelle se perdirent seulement quelques « ragazzi ». Notons une légère inexactitude : les Commentaires semblent dire que l’archevèque Bandini partit avec Strozzi; d’après Sozzini, il ne quitta Sienne que le lende-

main *.

1. Monluc au connétable, Sienne, 12 octobre. — Au roi, 13 (ou plutôt 12)

octobre (IV, 17-20). ée CS % >. « Questa notte lo Illmo sor Pietro preditto è partito di qui... » (Arch. d'Et.

de Sienne, XV, 3, Copralettere degli Otto, fos 1-2.) : k 3. Concino au duc, 12 octobre (publ. par Mile A. Corps, op. cit, p. 143, 4. Sozzinr, p. 309. — Odet de Selve et Samt-Luc sortirent de Sienne avec

Aussitôt après le départ de Strozzi, Cornelio Bentivoglio étant à son tour tombé malade, Monluc commença à se faire porter «sur une chière » par les forts de la ville dont il inspectait les travaux. C’est ce que Saint-Luc écrivait de Rome, le 18 octobre, au connétable?., Un bando des Huit du 17, ordonnant à tous les habitants d’aller travailler à Porta Tufi et établissant un corps de garde à cette porte pour empêcher la rentrée des bouches inutiles, ainsi que plusieurs mesures énergiques prises journellement jusqu’à la fin du mois, attestent l’activité de Monluc3. Les Commentaires ne donnent pas d'autre détail sur le mois d'octobre. On y trouve ensuite la mention du resserrement du blocus par les assiégeants : le marquis, quittant Arbiarotta, vint à Saint’ Abbondio avec ses Allemands, le tercio de Naples et ses Italiens, dont il envoya une partie à Palazzo de’ Diavoli et le reste «en des maisons qui estoinct sur le chemin de Fontebrande », en sorte qu'il « brida » toutes les portes de la ville. Ces mouvements des Impériaux, qui sont placés « plus de huict jours despuis le partement de monsieur le mareschal », eurent lieu, en réalité, du 23 au 25 novembre. Monluc a fait une erreur de près de quarante-ciny Jours. Cette défaillance de mémoire mise à part, ce qu'il dit est strictement confirmé par Sozzini et

Strozzi. Voir, sur cette so'tie, une dépêche de John Masone à la reine Marie, 23 octobre (State papers, Mary, n° 280), et des « advis de Flandres et aultres envoyez au roy », 20 octobre (Ambassades de MM. de Noailles…., IE, 349). Les Impériaux concluaient un peu vite de la sortie de Strozzi que la ville n’était plus tenable.

1. Sozzini dit qu'il fut atteint de la fièvre crapaudine. Les Huit écrivaient le 13 à Amerigho Amerighi, agent de la république à Montalcino, que Monluc n’est pas encore en bonne santé, que Cornelio Bentivoglio et Bartolommeo da Pesaro sont malades, et que le colonel Combas et les autres capitaines ne songent qu'à vexer les habitants (Arch. d'Et. de Sienne, XV, 5, Copialettere degli Otto, fo 7 vo). 4

2. «.. Lequel sr de Montluc est bien guery, de façon qu'il va par la ville. Il demeure dedans, pour la garder, le coullonnel Rocquerol, avec 900 ou mil lansquenetz. Il est vrai qu'ilz ont faict monstre pour xur cens. Jay veu faire la monstre et ne me semble pas qu’il y ait plus de mil hommes. Mais l’on a eu quelque respect tant pour les blessez à la routte que poar la grande cherté des vivres, Quant aux Françoys, ilz sont de 7 à 800 hommes, de quoy il y en peult avoir 500 de bon service, et des Italyens y peult avoir le nombre de mil hommes...»

3. Arch. d'Etat de Sienne, O{lo sopra la querra, Deliberazioni, vol. 1, fos DT 29, 27 r0, 28 ro, 30, 81 vo, 30 r0, 38, 48 ro, 5o ro. — Cf. Sozzni, pp: 310-318.

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