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LE MARQUIS ORGANISE LE BLOCUS

Montalvo. Le 23, l'infanterie du marquis, quittant Arbiarotta, vint loger entre l'Osservanza et Monistero, ce qui causa une alarme dans Sienne‘. Le lendemain, il fit hisser son artillerie sur le coteau de Monistero. De leur côté, les Français incendièrent le faubourg de San Lazzaro, en avant de Porta Romana. Le 26, le reste de l’armée impériale quittait Arbiarotta, après avoir brûlé ses logements, et s’établissait à l’'Osservanza, à Monistero et à Sant’ Abbondio; Chiappino Vitelli et la cavalerie à Santa Regina, le marquis et les Allemands à Montecchio, puis à Belcaro, en face de Porta San Marco et de Porta Fontebranda. Le même Jour, pour divertir la garnison, les Impériaux de Camollia donnaient une alerte du côté de la citadelle. Sienne était pour la première fois sérieusement bloqué ?.

Monluc place ici « la première charge » qu’il fit depuis sa maladie, la réduction de vingt-quatre à vingt onces par jour du pain destiné aux soldats. Cette réduction avait eu lieu un peu avant, exactement le 20 novembre, d'après le document publié par de Ruble3. Une réduction à vingt-deux onces avait eu lieu le 4, une seconde le 9, sans doute à la suite du vol de « la munition du roi », qui avait aggravé la situation‘. Celle du 20 porta sur les soldats; ce n’était d’ailleurs pas la première *. C’est une occa-

1. La compagnie du capitaine Delgado occupa et fortifia l'hôtellerie de la Coroncina; celle du capitaine Ernando Sante s’établit entre l’hôtellerie et la Certosa; deux autres furent cantonnées près du fort de Monistero; enfin don Lorenzo de Figueroa fut placé à l’Osservanza.

2. SozZzINI, pp. 323-329. Monrazvo, pp. 140-141. — Dès le 18, en prévision de ces mouvements, deux députés des Huit délégués auprès de Monluc conféraient avec lui pour que les soldats de Fontebranda, de San Marco et de Laterino fussent munis d’échelles et qu’un poste de dix à douze hommes füt placé aux bassins de Fontebranda (Arch. d'État de Sienne, Oo sopra la guerra, Deliberaztoni, 1, fo 89 ro).

3. « Estat au vrai des retranchemens de vivres faicts par le seigneur de Monluc » (II, 461-464).

4. Ce vol avait eu lieu à la faveur de la maladie de Monluc (Le cardinal du Bellay au roi ou au connétable, Rome, 6 octobre). Il en parle dans une lettre à Odet de Selve du 6 novembre : on a, dit-il, « desrobé de ladite munition plus de deux cents moges de bled, depuis que monsieur le mareschal alla au-devant des Grisons ». (IV, 21-22.) |

5. La seigneurie écrivait, le 24 octobre, à Francesco Bandini, Bernardino Buoninsegni et Amerigho Amerighi que Monluc avait réduit les vivres des soldats, en tenant compte des malades et des fraudeurs (publ. par L. Bancut, Relazione di Montalvo, pp. 231-232).

sion pour Monluc de reconstituer deux entrainantes remontrances qu'il adressa à cette occasion aux capitaines et au sénat. Elles n’ont pas été refaites au hasard; le souci de l'exactitude historique y est visible dans Pallusion au secours attendu par les assiégés. Dès la fin d'octobre, le cardinal Farnèse à Parme, le cardinal de Ferrare à la Mado tâchaient de provoquer des levées nouvelles de troupes‘. Le 14 novembre, les Huit demandaient à Amerigho Amerighi, agent siennois à Montalcino, d'écrire au maréchal de Brissac pour en obtenir du secours; le 17, ils le priaient d’aller à Rome en conférer avec les cardinaux du Bellay, d’Armagnac et Farnèse; le 18, le 26, nouvelles instances ?. Le discours de Monluc au Sénat dut recevoir le bon accueil qu’il dit : à la date où il se place (20 novembre), la dictature des Huit avait raffermi les cœurs, l'attitude énergique du gouverneur avait clos la bouche aux impérialistes, et les Siennois étaient vraiment résolus à se laisser mourir de faim plutôt que de se rendre. Remarquons aussi, en dépit du vague des expressions *, l’exactitude avec laquelle Monluc note qu'il prononça sa seconde harangue devant le Concistoro seul, lequel siégeait au Palazzo Publico, dans la petite salle de la Balia, et qu’ensuite, conformément à la loi qui ne permettait pas d’admettre un étranger au Grand Conseil, on Pinvita à sortir pour soumettre sa proposition sur la (discrétion » des bouches inutiles à ce dernier, réuni Cen la grand’ salle », la salle des Arbalètes ou S'ala del Mappamondo, que décorent la Maestà de Simone Memmi, les victoires des Siennois au quatorzième et au quinzième siècle, le portrait de Guidoriccio di Fogliano et le S'aint-Victor de Sodoma.

1. John Masone à la reine Marie, Bruxelles, 28 octobre (State papers, Mary, no 281).

>. Arch. d'État de Sienne, Otto sopra la querra, Deliberazioni, 1, fos 82 vo, 87 r0, 88 r0, 100 vo.

3. Peter Vanes au Conseil, Venise, 3 novembre. — Le même à William Petre, 25 novembre (State papers, Mary, n0s 283, 200).

4. Monluc appelle le Concistoro « tous les plus grandz de la cité » et le Grand Conseil «les grandz seigneurs de la ville ». Le Concistoro était composé du capitaine du peuple et t des Neuf; le Grand Conseil, des notables, anciens magistrats (reseduti), qui Re au son de la grosse cloche (cf. CG. Farzerr-Fossarr, Principale cause della caduta della repubblica senese, dans les Af{t della R. Academia dei Fistocritici di Siena, sér. HN, vol. I, fasc. I, Siena, 1883).

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