LA CAMISADE DE NOEL (25 DÉCEMBRE
zini. Le chroniqueur siennois nous rend sensibles certains traits du tableau que l’on regrette de ne pas trouver dans les Commentaires : la soudaineté de l’attaque, survenant brusquement à deux heures du matin, un peu après que les bons et pieux bourgeois de Sienne, revenus d’entendre matines, s'étaient couchés dans leurs lits; l’alarme donnée par toute la ville et la terrible peur qui s’empara des Impériaux lorsqu'ils entendirent, dans cette froide et claire nuit de Noël, la grande voix de la grosse cloche de la Torre del Mangia. Sozzini insiste aussi sur cet important détail, omis par Monluc, que lattaque eut lieu à la fois sur plusieurs points, à Porta Romana, à Ovile, à Tufi, à San Marco en même temps qu'à la Castellacia, à Camollia et à la citadelle *. Enfin, il ne cite pas Monluc comme ayant pris part à l'affaire : son héros est Cornelio Bentivoglio, dont l’arrivée opportune, ranimant le courage des soldats, est comparée à l'huile qui ravive soudain une lampe presque éteinte. Le récit des Commentaires est moins complet. Monluc ne parle que de la principale attaque, celle du fort de Camollia (la Castellaccia de Sozzini) et de la citadelle, la seule à laquelle il prit part. Il rend hommage à la bravoure de Cornelio Bentivoglio, à la « cargue » par laquelle il repoussa les ennemis déjà entrés dans la ville et à sa courageuse sortie. Mais il cite à côté de lui le comte de Gaiazzo”?, « le fils de messer Bernardin Bonnenseigne » (lorateur de la république auprès de Henri Il), qui amena deux cents arquebusiers du terzo de San Martino; les capitaines français, Bassompierre, commissaire de larüllerie; lhéroïque Charry qui, la tête coiffée d’un morion pour protéger son front bandé, monta le premier à l’échelle, l’épée et la rondelle à la main; son enseigne Le Bourg, un Gascon de la Sauvetat-de-Gaure, « qui est encores en vie »; le contrôleur La Morlière, qui devait quitter Sienne au mois de mars suivant; le trésorier L’Espine, enfin Comborcier,
1. Détail noté par Cormier : « Educto castris exercitu, Senas die Christi natali [Marignanus | aggreditur ; et scalarum magno numero comparato, quinque locis irrumpere in urbem conatus a Senensibus repellitur; et ad ducentos e suis desiderat. » (Rer. gestar. Henrict II libri quinque, 0 120 vo.)
2. Galeazzo de San Severino, comte de Gaiazzo, capitaine général des chevaulégers depuis le rer juillet 1531 (E. Picor, Les Jtaliens en France au setztème scècle, p. 14).