Monluc à Strozzi, Sienne, 20 mars 1555 (IV
€ june homme non expérimenté », d’ailleurs brave et qui depuis se fit huguenot. Monluc insiste aussi, sans qu’on puisse du reste contrôler cet important détail, sur la mollesse du commandant de la Castellaccia, Saint-Auban, qu’il rend responsable du succès momentané des Impériaux. Son récit, qui ne manque pas de couleur (la reprise du torasso de la Castellaccia par Charry et ses arquebusiers, à la lueur des torches, forme une scène saisissante), est très supérieur à celui de Sozzini pour la précision topographique. Il est facile, les Commentaires en main, de se rendre un compte exact des fortifications de Sienne entre Fontebranda et Camollia. A gauche de cette dernière porte, la citadelle espagnole dressait sa masse sombre, couvrant de ses bastions le poggio de San Prospero; plus près s’élevait le fort siennois de Camollia, que Sozzini appelle la Castellaccia, et en face, sur la Piazza d’Armi actuelle, hors la ville, le fort impérial, « trois fois plus grand » et « à cent cinquante pas ». À gauche de la porte, le rempart fort bas et ruiné était gardé par une compagnie siennoise logée dans une « grande halle », à mi-chemin entre le fort et la porte. Enfin Monluc n'oublie pas, entre la citadelle et la Castellaccia, les « vallons » qui empêchèrent le marquis d'arriver à temps.
La narration des Commentaires est confirmée sur bien des points par Sozzini'. Comme Monluc, le chroniqueur siennois dit que la citadelle fut attaquée et un instant forcée par les Allemands de Marignan. Il nomme le commandant impérial, Pietro dal Monte, qui fut mortellement blessé à l'attaque et transporté en litière à Florence : c’est peut-être le parent du marquis qui « ne moreut pas soudainement », dont parle Monluc. Sozzini raconte aussi la surprise du torazzo de la Castellaccia, la « tour persée » des Commentaires, la fuite des défenseurs, la résistance de la compagnie siennoise de Lelio Placidi, les tranchées reprises par trois Français qui, avec une demi-armure, des manches de mailles et des gantelets, l'épée et la rondelle à la main, sautèrent parmi les Impériaux en criant : « Francia! Francia! Viva le Roi! » (on reconnaît Charry et ses deux arquebusiers). Sozzini dit qu'il n’y eut du côté siennois aucun mort, mais quatre blessés seulement, dont deux bourgeois et deux étrangers. Monluc est