L EPISODE DE LA TOILETTE
tuler; si elle refusait, il la mettrait à feu et à sang. Monluc répondit verbalement qu’en l’état de ruine de leur cité, les Siennois étaient résolus à vaincre ou à mourir, et qu'ils attendaient l’ennémi ‘.
Fitil plus ? Pultimatum du marquis fut-il discuté par le Grand Conseil et Monluc enleva-t-il le vote par son éloquence et aussi par sa bonne mine factice et son humeur gasconne? II n’est quesüon, ni dans les délibérations des Huit, ni dans Sozzini, du fameux épisode de la toilette. Monluc a certainement refait son discours. Quant au récit qui l'encadre, s'il a été arrangé, les éléments en sont très authentiques. Le « froid grand et aspre », qui obligeait le lieutenant de roi d’aller tout embéguiné de fourrures, est noté par Sozzini, qui dit que le 8 il tomba une neige épaisse. Le casaquin de velours gris, « tout couvert de petites tresses d’argent à deux petits doigts l’une de l’autre, et doublé de tocquadille d'argent », qu'il revêtit pour se rendre à la Piazza et au Palazzo publico, l'auteur anonyme d’une lettre écrite au lendemain de la capitulation la vu sur le dos de Monluc, au moment où il sortait de Sienne, le dimanche 21 avril 1555 *. L’exacæ ütude du détail topographique n’est pas moins remarquable. Arrivé au Palazzo, Monluc monte le degré et pénètre dans la sala del Mappamondo, où est déjà réuni le Grand Conseil; il est admis ensuite dans la petite salle, « à main gauche », de la Balia, « en laquelle n’entrent que le cappitaine du peuple, les douze conseilliers et les huict de la guerre » constituant le « Magistrat » 5. Plus loin, il parle de « la chaire accoustumée » de la grand’salle, du haut de laquelle Pun des plus notables bourgeois, Ambrogio Natit, répéta au Grand Conseil le discours qu'il avait