‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 247 sur 533 · Sozzint, pp · texte numérisé non relu

Sozzint, pp

Lazzaro, et l'alarme donnée en même temps, pour faire diversion, à la Certosa, qu'occupait, dit Monluc, le tercio de Sicile. Les Commentaires sont plus riches en détails précis, mas ne font qu’une allusion assez obscure au désordre qui se produisit au retour. Les deux détachements gascons de Charry et de Blacon ne se reconnurent pas dans la nuit et en vinrent aux mains : « À la fin, il failleust que tout se meslast », dit simplement Monluc, qui précise les pertes françaises, tandis que Sozzini ne parle que de celles des Impériaux ". Montalvo raconte la sortie proprement dite en termes vagues; mais il insiste sur la défaite des Allemands, qui, après avoir franchi les lignes ennemies, furent décimés par la cavalerie du marquis, et confirme ce qu’en dit Monluc, qui leur reproche d’avoir pris peur sans grande raison et de s'être laissé défaire « par les chemins » *.

J’ai déjà signalé l’interversion commise par Monluc en reculant après la sortie des Allemands sa nomination de dictateur pour un mois. Il ajoute qu’il créa six commissaires pour la « discreption » des bouches inutiles et trace un pathétique tableau de l’expulsion de ces pauvres gens. En réalité, il y eut pendant le siège plusieurs expulsions de ce genre. Sozzini place la première le 5 septembre 1554; un mois plus tard, eut lieu la fameuse sortie des enfants de lhôpital. Par contre, le chroniqueur siennois ne cite aucune expulsion à la date où nous sommes (fin janvier). Il y en eut une seulement le 10 mars. Monluc ne s’est pourtant pas entièrement trompé. Dans sa lettre du 25 janvier à Strozzi, il disait que Forteguerri, l’un des « Quattro del Biade », avait promis de terminer dans trois jours le nouveau tableau de recensement des blés*. Ne s’est-il pas confusément souvenu de ce détail lorsqu'il écrit, dans son livre, que l'expulsion eut lieu « en trois jours après » qu'il eut « baillé le rôle à ung chevalier de Sainct- Jehan de Malte »? Et ce chevalier lui-même ne serait-il pas le cavalier Mario Donati, à qui, le 25 précisément, les Huit don-

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