‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 253 sur 533 · NÉGOCIATIONS ET DERNIERS EFFORTS · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS ET DERNIERS EFFORTS

du duc, rapportées de Florence par Girolamo Malevolti. Le texte est à rapprocher de ce que dit Sozzini : Monluc affirme que les Siennois ont résolu, si le duc maintient ses conditions, de mourir les armes à la main. Le chroniqueur est moins caltégorique ; Monluc a sans doute un peu exagéré la bonne volonté des habitants pour émouvoir le: cardinal d’Armagnac et répondre aux intentions de Strozzi qui ne cessait de réclamer le secours promis ‘. 7

. L’allusion faite par Monluc à ce secours peut être précisée. C’est le 14 mars que Nicodemo Forteguerri et le capitaine Pier maria furent envoyés par les Huit à Brissac?. Cette démarche suprême avait été tentée à l’instigation de Strozzi3. Le 24, le tenace maréchal écrivait à Brissac pour hâter sa venue‘; le 29, il faisait espérer à Monluc l’arrivée prochaine du secours de Piémont et même le débarquement d’un corps français à Porto- Ercole*; le 1° avril, il Pinformait que le secours arriverait sûrement avant la fin du mois,.et il le suppliait de tenir jusque-là. On comprend la mauvaise humeur de Monluc qui, dans son livre, n’incrimine pas, comme l’a cru de Ruble, les agents français à Rome, mais les ministres de Henri IT à Paris, en particulier le connétable, qui opposa une inertie absolue aux démarches pressantes de ces agents et à celles des deux orateurs de la république, l’évêque Tolomei et Bernardino Buoninsegni. C’est au

1. Monluc au cardinal d’Armagnac, Sienne, 20 mars (IV, 48). — Arch. d'État de Sienne, O{o, Deliberazioni, W, fos r20 r0-121 r0. — Strozzi aux agents siennois à Rome, Montalcino, 20 mars (#brd., 0 124 r0). — Strozzi au roi et au connétable, 17 mars. (B.N., f. ital. 1134, foS 197 r0-198 ro, copie.) — La lettre au roi à été publiée par L. Baxcur, Relazione di Montalvo, pp. 240-242, avec la date inexacte du 7 mars. , | Tor

2. Strozzi leur remit 300 écus d’or en guise de viatique. (Arch. d'Etat de Sienne, Otto, Deliberaziont, WE, fos 1138 vo, 125 ro.) — Strozzi à Brissac, Montalcino, 17 mars. (B. N., f. ital. 1134, fo 198 ro, copie.) — Strozzi aux Huit, Montalcino, 20 mars (+b1d., fo 198 ro). :

3. Strozzi aux Huit, Montalcino, 2 mars. (B. N., f. ital. 1134, fo 198 vo; Bibl. comm. de Sienne; K, VI, 21, fo 233 ro, copies.) :

4. Strozzi à Brissac, Montalcino, 24 mars. — Strozzi aux Huit, 25 mars. — Strozzi à Gabre, rer avril. (B. N., f. ital. 1134, f0S 199-200 ro.)

5. Strozzi à Monluc, Montalcino, 29 mars. (B. N., f. ital. 1134, fos 199 vo- 200 ro. — Bibl. comm. de Sienne, K, VI, 21, fo 260 vo, Cette copie porte la date

inexacte du 2/:) .

5. Strozzi à Monluc, Montalcino, 1er avril. (B. N., Ê ilal, 1134, F08 200 vo- 207 ro; Bibl, comm, de Sienne, K, VI, 27, fos 265-266.)

connétable qu’il songeait lorsque, dans une addition à sa rédaction primitive, 1l parlait de « ceux qui engagent les gens de bien, et puis les laissent là ». Henri II, quoi qu’il en dise, ne fut pas moins coupable que son ministre. L’ambassadeur vénitien Giovanni Capello dit qu’il n’était sensible qu'aux échecs éprouvés en France ou près de France, et qu’il ne fut point ému de la défaite de Marciano, estimant que cela pouvait se réparer avec de l'argent”. Il était las de cette alliance avec Sienne que lui avait value, en 1552, l’habileté patiente et hardie de Lanssac; il ne songeait déjà plus qu’à se maintenir en Piémont”.

Monluc est arrivé à la capitulation. On comprend qu’il ait insisté sur cette dernière page du siège, où, à l’entendre, il se comporta de façon à servir de modèle à tous les gouverneurs de places. Son récit débute par une brève et vague allusion aux conditions dans lesquelles furent ouvertes les dernières négociations. Le 26 février, les Huit demandèrent au marquis un sauf-conduit pour Ambrogio Nuti, envoyé de nouveau à Montalcino et à Rome. Le sauf-conduit, d’abord refusé, fut accordé le 28. Le 1% mars il quitta Sienne, muni d’une instruction qui exposait la situation désespérée de la ville aux cardinaux de Ferrare, d’Armagnac et du Bellay, à Odet de Selve et, « s’il est à Rome », au cardinal Farnèse : les Huit demandaient que, vu la cherté des vivres et la pénurie d'argent pour payer les soldats du roi, M. de Monluc fût autorisé à traiter directement avec le marquis*. Nuti était aussi porteur de lettres pour les agents siennois à Rome, le cardinal Mignanelh, Pierantonio Pecci et Amerigho Amerighiÿ. Le 9 mars il était de retour, et le dimanche 10, après vêpres, en présence du Consiglio generale, il exposa que le pape Jules III conseillait aux Siennois de s’en remettre à la générosité des

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