‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 255 sur 533 · INTERVERSIONS CHRONOLOGIQUES · texte numérisé non relu

INTERVERSIONS CHRONOLOGIQUES

ministres de l'Empereur et de leur donner carte blanche '. Cette dernière expression se retrouve chez Monluc, qui ne se trompe pas, d’ailleurs, en disant que « le terrible pape » conseilla de s’en remettre au duc de Florence?. Mais il ne dit pas clairement que, dans la même séance, le Consiglio generale décida d'envoyer à Florence quatre plénipotentiaires, Alessandro Guglielmi, Girolamo Malevolti, Scipione Chigi et Girolamo Bandinelli, à qui l’on remit le sauf-conduit rapporté de Belcaro par Ambrogio Nuti3. Il semble aussi ressortir du texte des Commentaires qu'il ne s’écoula que huit jours entre les pourparlers engagés et le lundi qui précéda la capitulation. Monluc a reculé au 8 avril ce qui s’est passé le 10 mars. Les négociations durèrent, en fait, plus d’un mois.

Sa mémoire ne l’a pas mieux servi dans le passage qui suit. Il content, en effet, de graves interversions chronologiques. L'auteur a pourtant prétendu à être précis; on croirait, à le lire, qu'il raconte jour par jour la dernière semaine du siège. D’après lui, la capitulation pour la ville fut apportée le lundi au soir (15 avril). D’après Sozzini, dont la chronologie, établie sur des documents originaux, est le plus souvent très sûre, c’est le jeudi 18 que le comte Camillo d’Elci, qui avait été désigné le 11 avec Austino Bardi, Lelio Pecci et Niccolo Sergardi pour aller négocier à Florence‘, revint à Sienne, porteur du document 5. Monluc note ensuite, comme ayant eu lieu le matin du même jour (15 avril), une entrevue que lui aurait demandée le marquis au faubourg de San Lazzaro pour causer avec lui du texte de la capitulation. Elle eut lieu, d’après Sozzini, le jeudi 18%; on voit que Monluc, qui s’est trompé sur la date, s’est

b) souvenu exactement que les deux faits eurent lieu le même jour.

1. « Rispose Sua Santità che per adesso non gli sovveniva altro modo che tentare se con una liberalità si potessero quietare gli Agenti di Sua Maestà Cesarea col mandargli un foglio bianco sottoscritto. » (Sozzint, p. 384.)

2. Cavalcanti au duc de Parme, [Sienne], 1er mars : « L’imbasciatore di Siena non riporto di Roma speranza d’accordo, ma il Papa lo rimise al Duca di Fiorenza. »

. Sozzini, pp. 384-385.

Arch. d’État de Sienne, Otto, Deliberaziont, I, fo 153 vo. . SOZZINI, p. 420.

. SOZZINI, p. 419.

SAUE ©

A l'entendre, il se contenta d'envoyer Cornelio Bentivoglio et Charry causer avec Marignan ; d’après Sozzini, 1l y alla en personne’. Le marquis lui annonça que les conditions concernant la garnison française avaient été insérées dans la capitulation pour la ville; il ajouta que les Siennois ne lui paraissaient pas avoir qualité pour capituler au nom des capitaines du roi et que l’on devait, à son avis, dresser un acte à part pour ces derniers. Là-dessus, Monluc de protester en invoquant les anciens Romains, ses ancêtres, qui € envoyarent une de leurs colonnes habiter en Gascoigne », et de déclarer que « le nom de Monlue ne se trouveroit jamais en cappitulation ». Il semble bien que le marquis soulevait celte difficulté contrairement aux conventions ; le vendredi 12 avril, les quatre négociateurs désignés avaient reçu pour instruction de l’assurer que M. de Monluc et les soldats français, en ce qui concernait la capitulation, ne manqueraient pas de se conformer à la volonté de la ville”. Marignan se défiait-il? Voulait-il humilier son adversaire? Il n’y réussit pas et Monluc fut compris, comme il le voulait, dans le texte de la capitulation unique, signée le 17 avril par le duc de Florence, don Francesco de Tolède et les huit plénipotentiaires siennois ?.

D’après les Commentaires, il aurait adressé, le mardi 17, au Concistoro un discours au sujet d’un article qui exceptait de la capitulation, comme rebelles à l'Empereur et au duc, les « fuorusciti » de Florence, partisans de Strozzi. Il aurait même imaginé de simuler un branle-bas de combat pour persuader au marquis que les Siennois, si l’on ne biffait pas cet arücle, étaient résolus

1. (Sotto la sua fide vi andd monsignor di Monluch et il signor Cornelio

Bentivogli, il conte di Gajazzo ed altri capitoni. »

2. « Essendo ricerchi o cascandovi in aleuno modo in proposito potrete fare fede che in quel che occorreva effetuarsi per la parte di monsr Illmo di Mollue ét de soldati franzesi, noi siamo sicuri che non mancaranno exsequire à volunta della eittà. » (Arch. d'État de Sienne, Copialettere degli Otto, XV, fo 198 vo. — CF. aussi Otto, Deliberaztont, IL, fo 156 ro.)

3. «€ Lasciarassi uscire di detta Città li Agenti, capitani, Offiziali e soldati, ë qualsivoglia servitore del Re Cristianissimo, di qualunque nazione, stato o grado sieno... senza alcuno impedimento, liberamente, con tutte le Lo INSeSnE spiegate, armi, denari e robbe private; e passare per il Senese e per il dominie di Sua Eccellenza, per quella via che più piacerà a loro, salvi e sicuri. » Capitolazioni fatte tra l’Imperatore Carlo quinto e la città di Siena, colla médiazione del Duca di Firenze, sotto il di 17 Aprile 1555 (Arch. slor, rtal., A67-471).

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