‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 257 sur 533 · Sozzint, pp · texte numérisé non relu

Sozzint, pp

6. Prccr, Memorie storico-critiche della cillà dé Siena, IV, 239: ra On remarquera que Monluc n’a pas cité Cavalcanti le jour de la sortie. Le cardinal Farnèse écrivait le 4 mai à Henri Il : « Finito l’assedio di Siena, il povero

les sujets rebelles de l'Empereur et du duc sortiraient en sûreté comme les autres ”.

Monluc a-t-il pourtant tout inventé? Je ne le crois pas. Il a plutôt commis une interversion chronologique. Le discours qu’il place le 17 avril est, en réalité, antérieur d’un mois : c’est celui qu'il adressa, le 18 mars, au Consiglio del Popolo dans la séance où l’on discuta les propositions du duc rapportées de Florence par Girolamo Malevolti. La harangue des Commentaires est, en effet, conforme, pour le sens général et même pour certaines expressions, à l’analyse que Monluc donnait, le 20 mars, de son discours du 18 dans une lettre au cardinal d’Armagnac*. Elle manquait dans la première rédaction. Monluc, pour la reconstituer, s’est peut-être servi d’une minute non datée de sa lettre, qu’il avait conservée. L’interversion est flagrante. Elle paraît volontaire; Monluc à voulu s’attribuer un succès d’éloquence à la veille de la capitulation. Il n’omet rien dans son livre pour faire croire qu'il était jusqu’au bout résolu à résister. IT était loin pourtant, s’il faut en croire Sozzini, d’avoir conservé aux yeux des Siennois son prestige d'antan. Les Huit continuèrent, il est vrai, jusqu'au dernier jour de conférer avec lui; le mardi 17, ils décidaient, à sa demande, de cautionner auprès de leurs créanciers ceux des soldats français qui avaient engagé leurs armes et leurs vêtements et qui n'avaient pas d'argent pour les retirer. Mais les Huit étaient, à cette heure, complètement débordés par les partisans de la paix, et Monluc était réduit à imaginer toutes sortes de subterfuges pour faire traîner les dernières négociations. A la sortie des séances du conseil, on déblatérait contre lui sur la

M. Bartolomeo Cavalcanti... n’era scampato appena vivo. » (A. Caro, Lelt. del card. Furnese, W, 181.) La haine de Cosme de Médicis poursuivait Cavalcanti, dont le fils unique, resté à Florence, avait été jeté en prison (le cardinal Farnèse au duc de Ferrare, Rome, 2 novembre 1554, dans A {ti el Memorte delle Depulazione storiche modenese el parmense, IV, 141). Sur les rapports de Cavalcanti et de Monluc à Sienne, voir un curieux mémoire du cardinal du Bellay au connétable, Rome, 2 novembre 1555 (B.N., Clairamb., 348, fo 260 vo, copie).

1. L'éditeur de la traduction italienne du livre I des Commentaires (Firenze, Lumachi, 1905) déjà citée suppose gratuitement qu’il y eut, en dehors de la capitulation, un arrangement spécial.

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