LA PRISE DE MONCALVO
male ne «tira » pas droit à Moncalvo, dans le Monferrat’. Monluc passe sous silence les opérations des troupes françaises du 23 septembre au 2 octobre. Tandis qu'il assiégeait Volpiano, le duc d’Aumale avait reçu de la cour l’ordre de dessiner une offensive contre le duc d’Albe et de marcher sur Pontestura, forte position où était concentrée l’armée impériale. Le 25, il s'était mis en mouvement, avait franchi la Dora Baltea et s'était logé à Crescentino, le 26 à Livorno, le 27 à Villanova, non loin du PÔô, en face de Casale, tandis que le duc d’Albe, laissant à Pontestura Alvaro di Sandez, se repliait précipitamment sur Valenza et Pieve del Cairo*. Le 28, les Français franchirent le P6ô à Casale; les chevau-légers de Damville et de la Roche-Posay tentèrent une reconnaissance sur Pontestura, mais furent repous- -sés après une grosse escarmouche. Le duc d’Aumale, devant cette résistance, renonça à son premier projet et tourna vers Moncalvo, le 2 octobre *.
La ville n’était pas forte, comme le dit très bien Monlue. Le duc d’Albe, tout occupé à fortifier Pontestura, l’avait complètement négligée. Le château était défendu par des soldats du duc de Mantoue, souverain nominal du Monferrat depuis 1536; le duc d’Albe n’avait pas osé les remplacer par des Espagnols $. A l'approche des Français, Don Alvaro di Sandez envoya en hâte de Pontestura cent hommes pour renforcer la garnison 5. Il était
1. Monluc dit exactement que Brissac rentra à Turin. L’effort qu'il avait fait lui avait redonné la fièvre (Brissac au roi, Chivasso, 26 septembre, B. N., fr. 20450, fo 105, copie).
2. SeGre, p. 46. — Voir aussi ParaniN, très exact et très précis (Continua= tion, p. 453). — Sur la retraite précipitée du duc d’Albe, le désarroi complet des Impériaux et le peu de cas qu'ils faisaient de leur général, une dépêche chiffrée de Tridapali, Pontestura, 27 septembre, non utilisée par SeGre, donne des détails topiques (Arch. d’État de Mantoue, copie de Fr. MorarD, dans le ms. 366 de la Biblioth. d'Auxerre, fo 97).
3. Cette escarmouche fut d’abord représentée comme un succès pour les Français (Advis envoyez à M. le connestable du dernier septembre 1555, dans Verror, Ambassades de MM. de Noailles en Angleterre, V, 144). |
ATEN: d'État de Mantoue, Tridapali, Pavie, 3 octobre : « Li Francesi heri mattina si levarono da Ponte Stura et andarono a Moncalvo. » Les causes de ce mouvement sont très nettement exposées dans une lettre de Brissac au roi, Chieri, 4 octobre (B. N., fr. 20450, fo 109, copie).
5. Arch. d'État de Mantoue, Tridapali, Pontestura, 11 septembre.