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LE TRAÎTRE PHÉBUS TURC

retardée jusqu’au début de janvier par les hésitations de Henri I, les conseils toujours pacifiques du connétable et aussi, semble-t-il, par la rigueur de la saison?. Monluc, impatient de prendre les devants et, sans doute, mal renseigné, avait déjà ouvert les hostilités avec Francesco di Mendoza, cardinal de Burgos, gouverneur de Sienne au nom de Philippe If. Dès le 25 décembre, le duc de Florence, qui était à l'affût, signalait au duc d’Albe « commencement de roupture » de ce côté", et à Venise, l’ambassadeur français Gabre, en annonçant la même nouvelle, se demandait si Monluc ne s'était pas trop hâté et s’il n'avait pas agi sans ordre. Qu’il ait commis quelque maladresse par excès de zèle, il est possible; mais il faut noter, à sa décharge, que, tout préoccupé de raconter en détail que le cardinal de Burgos tenta de prendre Montalcino par surprise, projet que sa vigilance déjoua, il a oublié de dire qu’en menaçant de faire exécuter les prisonniers qu’il avait faits, il se vengeait simplement de ce que l’on avait arrêté un agent français à Sienne. Ce détail nous est fourni par Gabre et par Adriani, l’historiographe officiel de Cosme de Médicis *.

L'histoire du traître « Phébus Turc » se place non pas Cenviron ung mois après », mais seulement au début d’avril. Les registres de délibérations de Montalcino nous permettent d’iden-

texte, a démontré que l’opinion traditionnelle, inventée par les polémistes protestants du seizième siècle (voir, par exemple, les Faits et dicts memorables de plusieurs grans personnages et seigneurs françois, s. 1, 1565, in-80, p. 40, et le Sommaire discours sur la rapture et infraction de la pair en 1568 dans l’Ærstoire de nostre temps, s. 1., 1570, in-80, p.317) et non, comme il le dit, par Herr Martin, est en désaccord avec les documents.

1. Le duc de Guise invoquait cette raison de son retard dans une lettre du 31 décembre à Odet de Selve et Lanssac (Corresp. polit. de Lanssac, X, 558- 560).

2. Odet de Selve et Lanssac au roi, 13 janvier 1557 (Corresp. polit. de Lanssac, I, 570).

3. Gabre au roi, Venise, 10 Janvier : « Monsieur de Monluc a rompu la trêve pour avoir revanche de quelque maltraitement qu'on avoit faict à ung François dans Sienne, et ne sçay s’il s’est trop hasté ny s’il en avoit commandement. » (Corresp. polit. de D. du Gabre, p. 135.) — H faut, sans doute, rattacher à quelque incident de cette rupture la lettre fort insolente de Monluc « a monsignore de Juliani », Montalcino, 24 décembre (IV, 63-64). Il écrivit après coup à Rome pour demander des instructions (Corresp. polit. de Lanssac, 1, 581).

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