‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 298 sur 533 · LES DERNIÈRES SEMAINES · texte numérisé non relu

LES DERNIÈRES SEMAINES

réduit à faire démanteler Pienza, de nouveau menacé par lennemi', il se retira, comme il le dit dans son livre, à PAbbadia San Salvatore, son centre de ravitaillement dans la montagne, non loin de la route de Sienne à Rome, et y passa le mois d'août. Il maintenait avec peine la discipline parmi ses Gascons, qui un jour mirent le feu au couvent des Augustins, où il logeait, et, tandis qu'il prenait le frais, faillirent le brûler avec le clottre”. Excédé par les doléances continuelles de ses chers Siennois, qui signalaient à chaque instant les excès commis par les soldats, il les boudait, se plaignant que Pon parlât mal de lui à Montalcinoi. Il allait même jusqu’à leur signifier avec amertume, dans la lettre déjà citée où il mettait en cause Henri de Mesmes, qu'il avait résolu de n'être plus leur gouverneur et qu’ils feraient bien d'en demander un autre au duc de Guise. Il changeait, du reste, de ton pour leur donner quelques sages conseils à la fin de cette lettre, à laquelle les magistrats répondirent par les excuses el les protestations les plus humbles #.

La situation était tendue, on le voit, lorsque survint la foudroyante nouvelle du désastre de Saint-Quentin. Elle arriva le 23 août à Rome, par un courrier de M. de Vargas, ambassadeur d’Espagne à Venise’. Le lendemain, le duc de Guise la confirmait officiellement à Carafaf. Monluc lPavait déjà apprise par une lettre du cardinal de Ferrare, car dès le 23 il annonçait

1. Le 29 juillet, il ordonnait de démolirles murs de la ville et le grand palais des Piccolomini, « fatto dala santa memoria di Papa Pio 110 » (Arch. d'Etat de Sienne, tbid., vol. 6, fo 53 ro).

2. Arch. d'État de Florence, Archivoio Mediceo, Carte del governo di Siena, filza 1864, Agnolo Niccolini au duc Cosme, 21 août : « Ha usato [Monluc] molta diligentia in metter dentro grani et ne ha buona somma in munitione in S. Agostino, laqualle furon hier laltro per obruciare per certo frascato dove soleva stare al fresco il Monlue in vicino, al quale, per quanto si diceva, era stato dato fuoco dalli Guasconi; sopra il qual tumulto feciono serrare le porte per trovare chi era stato l’incendario et per timore di qualche trattao, ma non segui altro salvo che abbruccid mezzo il chiostro del convento. »

3. Arch, d'État de Sienne, Délib. de Montalcino, vol. 6, fo 103 vo.

4. «E per questo et per non vi ruinar di più di quel che ho fatto infino a hora, ho risoluto non impacciarmene di più in conto alcuno, e solamente prego Iddio'che per l’amicizia chio porto a voi e alle cose vostre, che quello che ci verra doppo la mia partta ci habbia cosi buon animo e cura come ho havuto 10. » (Bull. histor. du Com. des trav. histor., 1894, p. 496.)

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