D. ANGEL, 0p. cit, p
JO MONTALCINO.
au duc de Guise qu'il partait le lendemain pour Montalcino afin d'y prendre toutes les mesures nécessaires". Le péril Jui avait déjà fait oublier sa mauvaise humeur. Après avoir, le 27, informé les magistrats de ce désastre, qui ruinait les dernières espérances des malheureux Siennois ?, il se rendit à Rome et s’y tint auprès du duc pendant tout le séjour qu'il y fit*. Il dit dans son livre, en mentionnant ce voyage, qu’il accepta noblement de rester en Toscane sans argent et sans troupes. En réalité, il eût bien voulu rentrer en France avec l’armée. Le duc l’obligea à demeurer en alléguant sans doute un ordre du roi qui répondait négativement à une demande antérieure de congé adressée par Monluc*. Guise n’était pas fâché de lui marquer son mécontentement en lui infligeant jusqu’au bout l’ingrate besogne dont il était chargé depuis près d’un an. Il consentit à lui laisser treize enseignes de Gascons. Monluc, rentré le 17 de Rome, alla à Radicofani au devant de ces malheureux qui, hâves, déguenillés, se traïnaient sur les routes, « marchant plus avec le bâton qu'avec la pique »7. C'était d’étranges renforts qu'il recevait. Aussi fut-il réduit, pendant deux mois, à « se gouverner » comme il put, « traictant les uns gracieusement, les autres rudement et paissant les autres de espérance », comme il l’écrivait à Brissacf, ou encore, comme il le dit spirituellement dans son livre, payant les soldats « avec remonstrances et bonnetades ». À la fin septembre, il était à San Casciano, d’où il se préoccupait de demander au duc de Florence un sauf-conduit
1. Monluc au duc de Guise, Abbadia San Salvatore, 23 août (IV, gu-g1).