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ENVOI DE MONLUC A FERRARE

pour son ami le cardinal d’'Armagnac, sur le point de rentrer en France ‘. En octobre, il alla à Grosseto?. À son retour, il fit rédiger et publier le 6 novembre un dernier acte officiel, qui fut comme son testament aux Siennois : une ordonnance qui transférait le siège du gouvernement à Grosseto et donnait au capitaine du peuple un droit formel de veto lorsqu'un désaccord se produirait, précaution sage pour enrayer l’anarchie dont se mourat la république de Montalcino3. Enfin, le 15 novembre, il reçut à Castelottieri, avec une joie qui le guérit à demi, ce bienheureux congé qu’il avait sollicité plus de cinquante fois à la court. Il se rendit en hâte à Montalcino et, le 19, c’est-à-dire, comme il le dit dans son livre, quatre jours après avoir reçu son congé, 11 y installa son successeur provisoire, René d’Anglure, sieur de Givry, en attendant l’arrivée de Francesco d’Este, nommé par Henri IT lieutenant général en Toscane.

Monluc ne devait pas, d’ailleurs, rentrer directement en France. Le roi lui donnait l’ordre de passer par Ferrare pour voir « en quels termes » se trouvaient les affaires du duc. Ercole IT d’Este avait, en effet, « la guerre sur les bras »; allié de Henri Il, ül

1. Monluc au duc de Florence, San Casciano, 27 septembre (IV, 92-93). — Le cardinal se décida ensuit: à prendre la route par mer; voir sa lettre au cardinal Carafa, Civitavecchia, 29 novembre, publ. par Cm. Samaran, Lett. inéd. du card. Georges d’Armagnac, dans les #élanges d'archéologie et d'histoire publiés par l'École française de Rome, XXII, 103, 115-116.

2. Ordonnance de Monluc neutralisant le domaine de Marsiliana, propriété de Girolama Orsini, veuve du duc de Parme et de Plaisance, Grosseto, 18 octobre (IV, 94). Monluc a fait allusion à cette princesse dans un autre endroit de son livre : « Encore fis-je une praticque avec la duchesse de Castro, femme du duc qui fast tué à Plaisance. » (UK, 511). De Rusce lui reproche à tort d’avoir commis une inexactitude. Il s’agit bien ici de la duchesse douairière de Castro, Girolama Orsini, dont le mari Piero Luigi Farnèse fut assassiné à Plaisance, en 1547. C’est de Ruble qui se trompe en la confondant avec Diane, fille naturelle de Henri IE, qui épousa, en 1547, le fils de Piero Luigi, Orazio Farnèse, mort en 1553 au siège de Thérouanne, et en 1557, en secondes noces, François de Montmorency, fils aîné du connétable. l

3. Ordonnance de Monluc, Montalcino, 6 novembre (Arch. d'Etat de Sienne, Repubblica di Montalcino, Lettere e bandi, 1537).

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