L'AFFAIRE DU MINISTRE FONTAINE
firent arrêter Fontaine. Les réformés du voisinage s’assemblèrent en armes au-delà de la Garonne pour venir le délivrer. Monluc fut de nouveau mandé d’Estillac. Dans les derniers jours de mai, il assista à la délibération où la majorité des conseillers au présidial et des consuls décida qu'on surveillerait étroitement le prisonnier et qu'on avertirait le roi de ce qui se passait". Dans son livre, au milieu du récit des préliminaires des premiers troubles, il a fait allusion à ce fait et raconté brièvement lPemprisonnement du ministre. Il à pris soin, d’ailleurs, de dater cette allusion : « Ceci estoit vivant encores le roy François. » Tout en se vantant d’avoir fait, par sa seule venue, une belle peur aux huguenots, 1] dit formellement qu'il se borna à prendre le ministre en une maison pour le livrer entre les mains de la justice. L’ÆHistoire ecclésiastique des églises réformées au royaume de France lui prête un rôle beaucoup plus considérable : il assista à linterrogatoire du ministre et lui ordonna brutalement de dénoncer ses complices”. Les documents originaux sont muets sur ce point. La narration de lAistotre ecclésiastique. très circonstanciée, très dramatique aussi, est, en somme, digne de. confiance : Monlue, on va le voir, avait des raisons pour ne pas insister outre mesure sur son intervention et même pour l’atténuer.
Elle lui valut, en effet, d’être assiégé dans son château d’Estillac par une bande de cinq à six cents hommes qui tenait la campagne 5. Il s’en plaignit au président Du Faur, et François IT
1. Jurade d'Agen du 1er juin 1560, publ. par BourGron, La Réforme à Nérac, pp. 85-86. — Jurade d'Agen du 16 février 1562 (Arch. hist. de la Gir.,