‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 342 sur 533 · XXIX · texte numérisé non relu

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2. Hist. eccl. des églises réformées au royaime de France, éd. Baum et Cunitz, Paris, 1883-1889, in-40, 1, 365-367. — Cet ouvrage, capital pour l’his-

toire des guerres civiles, a été longtemps attribué à Théodore de Bèze. C’est, en réalité, une vaste compilation anonyme, faite d'emprunts à des mémoires dus à des rédacteurs très divers. Les monographies qui, du livre VIT au livre XVI, retracent l’histoire particulière de chaque ressort de Parlement ont été écrites par des témoins oculaires, ministres ou chefs de communautés, au lendemain des événements (cf. l’intéressante étude mise par M. Ron. Reuss en tête du t. II de l’éd. Baum et Cunitz). Publiée pour la première fois en 1580 à Anvers, l’Aist. eccl. est la principale source narrative permettant de contrôler les Commentaires pour les années 1561-1562. aus

3. La ville d'Agen fut au même moment menacée par des bandes qui brisaient les croix dans la campagne. Voir jurade d'Agen du 4 juin (Arch. hist.

de la Gir., XXIX, 11).

écrivit au roi de Navarre de ne pas permettre qu'il fût ainsi « delaissé comme en proie à ceste canaille qui ne congnoist ny Dieu ny raison »'. Cette plainte virulente n’eut d'autre résultat que de gâter les affaires de Monluc. Antoine de Bourbon avait, en effet, brusquement changé d’attitude. Exploitant l'indignation soulevée contre les Guise par la sanglante répression de la conjuration d’Amboise, il groupait de nouveau les mécontents autour de lui et favorisait ouvertement les réformés. A la nouvelle de ce qui s'était passé à Agen, il écrivit aux consuls une lettre très sévère, où il leur ordonnait de remettre en liberté le procureur au présidial Lagrange, arrêté en même temps que le ministre Fontaine *. Il ne devait donc être guère disposé à prendre sous sa protection le châtelain d'Estillac.. Celui-ci se repentit amèrement de son zèle maladroit : « Le roy de Navarre, dit-il dans son livre, m’en sentit si mauvais gré qu’il m'en voulloit mal mortel, et escripvit au roy que je l’avois despossédé de l’'estat de lieutennant de roy, et luy prioit de luy mander s'il m'en avoit donné la charge. » Il ajoute que cette lettre « cuyda » être cause de sa ruine et que le duc de Guise, le désavouant à demi, lui conseilla de chercher tous les moyens pour se remettre dans les bonnes grâces d'Antoine de Bourbon. Ce conseil lui fut-il réellement donné? Il est possible que les Guise voulussent, comme ils l'avaient déjà fait, utiliser Monluc pour se renseigner sur les projets de leur rival. Monluc accepta-t-il de jouer ce rôle ? Nous fignorons. On le retrouve, en tout cas, à la fin de juin à Nérac, au moment où le roi de Navarre et le prince de Condé, son frère, s’y rencontrèrent avec le maréchal de Saint-André. Il est venu grossir la forte troupe de mécontents, pour la plupart calvinistes, qui attendent avec impatience qu'on les mène venger

1. François Il au roi de Navarre, Chambord, 16 juin 1560 (B. N;, fr. n. acq. 1234, Fos 164-165, minute). — L'ambassadeur vénitien Michieli donne, dans sa dépêche du même jour, un récit très fantaisiste de l'intervention de Monluc, qui, dit-il, s'était rendu, par ordre du roi, dans Agen, « sopra il fume della Loyra », en compagnie de du Lude (B. N., f. ital. 1721, fos 113 vo-r114 ro). Throckmorton écrit le 24 que Monluc a été assiégé dans une ville de Provence par un grand nombre de protestants, que maintenant l'affaire est arrangée, mais qu'il a été contraint de rendre la liberté à certain prédicant (Sta'e papers; Foreign, 1560, n° 232).

2. Antoine de Bourbon aux consuls d'Agen, Nérac, 2 juillet (Lett. d'A. de Bet de JT A API ErT

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