Monluc à... (V
>. Comte H. Decasonne, Gaspard de Coligny, MK, 184.
3. Au moment où elle y fut reçue, arrivait avocat général Du Sault, député le 28 avril au roi par le Parlement « pour luy remonstrer l’estat de la province » (A. Couuuxay, Le Parlement de Bordeaux, 1886, p. 220, n. 1). Déjà, la cour avait été saisie des plaintes de Charles de Monferrand, maire de Bordeaux, et des jurats à l’occasion de la querelle de Monluc et de Damville (voir leurs lettres au roi et à la reine, des 28 et 29 septembre 1569, dans les Arch. hist. de la Gironde, X, 338-341). Du Sault était certainement chargé des doléances du Parlement sur le même sujet. Monluc en conçut contre lui une haine violente.
deux députés et Coligny eurent échoué et que lPamiral guéri se fut mis en marche sur Paris, Charles IX, très inquiet, voulut punir Jeanne d'Albret de la mauvaise volonté qu’elle opposait de La Rochelle aux tentatives de conciliation; sur son ordre Monluc envahit le Béarn’. Mais au moment où il était blessé devant Rabastens, le 23 juillet, les négociations entre Coligny et le maréchal de Cossé avaient abouti, le 14, à un armistice. Deux semaines plus tard, la paix était signée à Saint-Germain”. Les politiques triomphaient. La destitution de Monluc fut lune des conséquences de leur victoire ; il fut sacrifié à la rancune de Damville et de la maison de Montmorency, sa vieille ennemie, et aussi aux tendances nouvelles qui prévalaient dans le Conseil du roi. La paix de Saint-Germain et lédit du 8 août qui la suivit accordaient aux Réformés, avec des places de sûreté, la liberté de conscience et, sous certaines conditions, la liberté du culte. Un effort était fait par la royauté, le plus sérieux depuis la paix d’Amboise, pour faire vivre côte à côte les deux religions. La révocation de l’homme qui avait jadis manifesté bruyamment ses préférences pour une politique d’intransigeance et d’extermination en était comme la sanction naturelle.
Monluc était encore malade lorsque le roi lui fit savoir qu’il lui Ôtait sa charge. Son frère Jean, l’évêque de Valence, et sa femme, Isabeau de Beauville, lui cachèrent la nouvelle jusqu’à ce qu'il fût un peu rétabli. Il apprit en même temps que le Conseil avait décidé d'envoyer en Guienne des commissaires pour assister le nouveau lieutenant du roi, Honorat de Savoie, marquis de
1. La commission royale est datée d’Argentan, 16 juin 1570. Elle débute ainsi : « Comme voians l’occasion et inteligence que la reyne de Navarre a avec noz ennemis et rebelles, les aidant et favorisant de tous ses moiens... » (Arch. Nat., K 1527, n°0 42, copie).