Monluc à la reine, Toulouse, 22 mai (IV
lence, produisit effet qu’il en espérait. Quand la reine connut les événements de Toulouse, elle jugea impossible de donner suite aux exigences des ennemis de Monluc, et d’'Escars dut attendre une occasion meillleure de satisfaire son ambition *. L'auteur des Commentaires, si soucieux de rappeler toutes les « charités » qu'on lui prêta, a oublié de mentionner celle-là.
Il n'indique pas dans son récit quel jour il quitta Toulouse. Les comptes municipaux nous donnent la date exacte de son départ : le vendredi 22 mai, il empruntait à l'arsenal de la maison de ville deux canons et deux coulevrines avec cent vingt boulets de canons et cinq cents de coulevrines”. Le fait est consigné dans les Commentairess. Ce matériel était destiné à aller faire le siège de Lavaur et de Castres. Mais Monluc changea de dessein et « fut conseillé d’aller devant Montauban ». Les deux chefs huguenots, Arpajon et Marchastel, étaient, en effet, revenus occuper en forces cette ville‘. Le samedi 23, Monluc et Terride quittèrent Toulousef. Les habitants de Montauban furent aussitôt avisés de leur approche 7. Le dimanche 24, la cavalerie de Monluc était aperçue par Pavocat Arnaud Guybert, accourant bride abattue « du costé de l’evesché »°. Elle dut s'arrêter à la porte du Moustier et Monluc, après avoir campé, envoya aux syndics de la ville un trompette pour les sommer de se rendre. Le récit du siège que donne lAistoire ecclésiastique est beaucoup plus complet que
2. Un an plus tard seulement, il fut nommé lieutenant de roi gouverneur de Bordeaux et du Bordelais à la place d'Antoine de Noailles, mais sous les ordres de Burie et de Monluc (lettres du 24 mai 1563, Arch. dép. de la Gironde, B, 36, fo 10).