Zbid., III
PREMIER SIÈGE DE MONTAUBAN (24-26 mar). 433
celui des Commentaires. Monluc à glissé sur cette entreprise qu aboutit à un échec. Il n’en à retenu que le souvenir d’une escarmouche : c’est le lundi soir 25 qu’il franchit la rivière du Tescou pour tenter d'enlever la porte des Carmes. Il fut vivement repoussé et eut son cheval blessé près du guichet". « Le troisiesme jour », c’est-à-dire le mardi 26, il leva le siège. L'Histoire ecclésiastique confirme la date et célèbre « le soudain espouvantement dont Dieu frappa les ennemis ». En réalité, Monluc, comme il l'avoue du reste, ne se sentait pas assez fort pour emporter la ville. Sans doute, il exagère en disant qu’il y avait dans Montauban deux mille deux cents soldats étrangers et douze cents bourgeois armés. Arpajon et Marchastel y avaient bien amené deux mille hommes ; mais ils étaient, dès le 22, partis vers l’Agenais avec presque toute la cavalerie, pour en ramener du secours, « laissans la ville en grande fascherie et desfiance pour les diverses opinions qu’on avoit de leur departement » *. Montauban fut sauvé par l'énergie du syndic Jean Laboria et des capitaines Constans et Saint-Michel. Par contre, l’Aistoire ecclésiastique exagère singulièrement en prétant aux assiégeants cinq mille hommes de pied, mille chevaux et une compagnie d’argoulets. Monluc dit qu'il n'avait que huit ou neuf cents hommes. Dans sa lettre au roi du 22 mai et dans sa lettre à Saint-Sulpice du 12 octobre, il se plaignait de sa faiblesse numérique : il ne pouvait, disait-1l, compter que sur les compagnies de Termes, de Terride et sur la sienne; tout le reste était suspect. « Comme je fus là, trouvis qu'ilz estoient deux foys plus de gens dedans que moy dehors, et ne les auzis attacqueri. » « Tous les bons soldatz, dit-il dans son livre, s’estoient retirés avecques les Huguenotz après la malheureuse paix, et ce feust par contraincte, car ilz ne sçavoient mestier aucun, ayant duré les guerres longuement et ayant esté entretenus en Ytalie et aux aultres conquestes du roif. »
1. ist. eccl., WI, 93-94. L'auteur dit que le cheval de Monluc fut tué; il confond avec celui du sieur de Beaucaire.