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Monlue à Saint-Sulpice, Grignols, 12 octobre

4. L'ambassadeur vénitien Marcantonio Barbaro note aussi que, pendant la première guerre civile, l'infanterie huguenote était composée de vieux soldats, pour la plupart gascons (Dép. vénit., filza 4, fo 416, B. N.; fatal, 1722).

Après le siège de Montauban, le récit des Commentaires devient vague et peu net. Monluc renvoie lartillerie à Toulouse (l'Histoire ecclésiastique dit qu’elle fut laissée dans un grand bateau sur la grève à Castelsarrasin"), franchit le Tarn à la pointe de Moissac, puis, traversant la Garonne, revient en Gascogne, renvoie la compagnie de Termes à Auch, La Mothe- Gondrin et la noblesse en Armagnac, pour pourvoir à la sûreté du pays. Lui-même, avec sa compagnie et les arquebusiers de Tilladet, surveille Agen, où la situation était des plus curieuses. La ville, on s’en souvient, avait été surprise par la bande du capitaine Truelle dans la nuit du 16 au 17 avril. Les notables catholiques avaient été emprisonnés; mais les huguenots avaient, depuis le 7 mai, modifié leur attitude. Obligés par Arpajon, exécuteur des ordres de Condé, d’envoyer à Orléans, pour y rejoindre la grande armée protestante”, la plus grande partie de leurs hommes, ils avaient inauguré un régime de demi-tolérance et rendu aux consuls la police de la ville 3. Ceux-ci songèrent aussitôt à profiter de cet avantage, et le 26 mai ils expédièrent à Castelsarrasin deux délégués pour mettre Monluc au courant. L'Histoire ecclésiastique mentionne cette ambassade, qu’elle présente comme une démarche conciliante faite par des neutres pour obtenir l’acquiescement de Monluc et de Terride à l’occupation d'Agen. Elle ajoute que Monluc se prêta à la négociation, offrit de mettre en garnison dans la ville la compagnie du roi de Navarre, presque entièrement composée de huguenots, montrant, d’ailleurs, du doigt aux délégués ses canons, « comme disant que s'ils ne s’accordoient à cela, l’artillerie en feroit la raison »°. Cette attitude est très vraisemblable : tous les moyens devaient paraître bons à Monluc pour reprendre Agen. Il n’en souffle mot, d’ailleurs, et se borne à raconter deux tentatives avortées, l’une pour enlever par surprise son vieil ennemi, l’abbé

1. ist, eccl., UT, 94. — La lettre de Burie, du 6 juin, déjà citée, fait allusion au passage de Monluc à Castelsarrasin.

2. Le 18 mai, Throckmorton annonçait que Duras, gouverneur du prince de Navarre, marchait sur Orléans avec quatre mille Gascons (State papers, Koreign, 1562, n0 68).

3. Procès-verbal dressé par le juge-mage Sevin (Revue de l'Agenais, IX, 1882, pp. 42 et suiv.). — Tor, op. cit. (xbid., XIV, 505).

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