MARCHE SUR BORDEAUX (2-11 JUILLET
apportarent là des vivres », « trois thonneaulx de vin », « dix sept cent vingt pains », « dix pugneires d’avoyne », et aussi un demi-millier de clous pour ferrer les chevaux". Le mercredi soir, Qà la minuict », il repart de La Réole? et franchit en deux étapes la distance qui le sépare de Bordeaux, où il arrive le samedi matin 11. Son récit, très précis jusqu’au moment de son arrivée en face de La Réole, devient à cet endroit vague et obscur. On n'y voit pas clairement qu’il séjourna deux jours à Puybarban. En réalité, il dut obtempérer plus qu’il ne le dit à Pavis que lui avait donné la reine de Navarre : il ralentit sa marche à partir du lundi, et ne repart qu'après avoir reçu un nouveau message de Burie l’invitant sans doute à se hâter. La délibération où il décida avec ses capitaines de marcher droit à Bordeaux dut donc avoir lieu le mercredi 8 à Puybarban, et non, comme il semble le dire, le dimanche 5 à La Gruère. Monluc a voulu effacer le souvenir de sa condescendance envers Jeanne d’Albret3. Elle était pourtant naturelle en juillet 1562 : le Parlement de Bordeaux n’avait-il pas respectueusement accueilli la reine à son entrée dans la province“? Les marches forcées du jeudi et du vendredi atténuèrent, d’ailleurs, le retard *.
1. Livre des dépenses de Pierre Seguin et de Vincent du Faigna, jurats de La Réole. (Arch. hist. de la Gir., VUI, 68-84.) Le 4, les Jurats lui avaient envoyé « ung cheuvreau gras, deux paires de grands chappons et deux autres paires », et le 6, un messager porteur d’une lettre. (Zb:d., 83.)
2. Le 9, il a quitté Puybarban, car ce jour-là les jurats de La Réole envoient une lettre au vicomte d’Uza à Fargues, « aux fins d’advertir monsieur de Montluc que environ mil cinq cens hommes s’en alloyent à Sainct-Macaire ». Le lendemain, ils payent 5 1. 10 s. « à six saumatiers avecques des charrettes pour aller à Languon, ainsi comme M. de Montluc avoyt commandé. » (/btd., 84, 85.)
3. Le désaccord des Commentaires avec les documents a été signalé par GAULLIEUR, 0p. cit., pp. 4oi-4o2, qui exagère, d’ailleurs, en disant que, dès le 4, Monluc était à Puybarban. Rien ne le prouve dans le livre de dépenses des jurats de la Réole. A la date du 4, on trouve seulement un présent qui put parfaitement être porté à Monluc avant son arrivée. GauLLIEUR parait avoir été abusé par le mot camp qui, au seizième siècle, ne signifie pas seulement campement fixe, mais aussi armée en marche.