‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 4 sur 533 · AVANT-PROPOS. XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XI

et si nous en possédions une édition véritablement crilique, elle pourrait, dans une certaine mesure, suppléer à ces lacunes. Mais si Ludovic Lalanne a eu le mérite de retrouver plusieurs sources de Brantôme, si d’un commerce long et intime avec son auteur il a su tirer un livre fort agréable et d’une réelle valeur littéraire, il a, par contre, trop négligé de contrôler la valeur des commérages du fécond compilateur, et lon sait qu'il n’a pas connu les manuscrits originaux et autographes!. C’est un beau travail à reprendre par un érudit jeune et robuste.

Une lecture attentive m'a convaincu qu'il en était de même de l’édition des Commentaires de Blaise de Monlue, donnée en 1864-1867 par le baron Alphonse de Ruble dans la collection de la Société de l’histoire de France. J'avais entrepris cette lecture dans le dessein d’écrire une biographie de Monluc?. A mesure que j’avançais, il m'a paru qu'il était d’abord indispensable d’étudier la valeur historique de l’œuvre qui devait en former la trame. J'ai réduit mes ambitions à des proportions plus modestes et j'ai cru que je ferais un travail utile en démontrant simplement la nécessité d’une édition des Commentaires. C’est l’objet propre et la conclusion de la présente étude. Mais en instituant sur l’œuvre de Monluc une enquête aussi consciencieuse et aussi approfondie que me le permettaient les moyens dont je disposais, en contrôlant le récit par les documents originaux, en le comparant avec les autres témoignages, en en signalant les erreurs et les lacunes, J'ai été amené, sinon à écrire la biographie complète du personnage, du moins à

1. Voir Henri Ouonr, Votice sur les manuscrits originaux el autographes des œuvres de Brantôme conservés à la Bibliothèque nationale. (Bibliotheque de l'École des Chartes, 1904, t. XLV, PP: 9-54.) na ne

>. M. Hauser annonçait mon travail sous cette forme dans Particle déjà cité de la Revue de Synthèse historique, 1902, p. 2H UT

XIT AVANT-PROPOS.

éclairer d’un jour nouveau les nombreux événements auxquels il fut mêlé et dont beaucoup ne sont guère connus que sur sa foi, à dégager aussi certains traits de sa physionomie laissés jusqu’à présent dans l’ombre. Par là, mon travail est une contribution à l’histoire politique, diplomatique et militaire des règnes de François I® et de Henri Il et à celle des trois premières guerres civiles dans le Midi de la France, en même temps qu’une étude sur le témoignage de Monluc.

Je l’ai fondé, en premier lieu, sur un examen attentif de deux copies manuscrites des Commentaires conservées à la Bibliothèque Nationale (f. fr., ms. 5o1r). Il m'a paru nécessare de reprendre à la base l’édition donnée par de Ruble. J'ai fait une collation complète de son texte avec celui du premier manuscrit, qu'il a systématiquement négligé, à tort, selon moi. Cette collation m'a permis de redresser bon nombre d'erreurs et surtout de mettre en lumière la façon dont Monluc composa son livre. En second lieu, je me suis eMorcé d'éclairer par tous les moyens le texte des Commentaires ; sur ce point encore, le dernier éditeur avait laissé beaucoup à faire. J'ai pour cela utilisé les documents français et étrangers déjà publiés, les histoires générales et les nombreuses monographies dont on trouvera plus loin la liste. Mais j'ai complété ces renseignements par des recherches personnelles dans les dépôts d’archives de France et d'Italie.

A la Bibhothèque Nationale, j'ai retrouvé les premiers documents authentiques de la carrière militaire de Monluc dans les montres conservées dans les vol. 21511-21515 de l’ancien fonds français, 8618 et 8619 des nouvelles acquisitions françaises, 244, 246, 247, 248, 250, 251 du fonds Clairambault. Les volumes 3008, 3016, 3055, 3056 du fonds français m'ont fourni les originaux de nombreuses lettres

écrites par François [* ou relatives à son règne, que J'ai

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