MONLUC ET LE DUC D ANJOU
Le soir de l’affaire, Monluc logea à La Sauvetat et le lendemain il occupa Sainte-Foy. Deux jours après, c’est-à-dire le 12 mars, Terride prit congé de lui pour se rendre en Béarn, où le duc d'Anjou, par une commission en date du 4, lenvoyait avec le ütre de lieutenant de roi’. Bellegarde partit le 13 au matin, avec mille arquebusiers, sa compagnie et une de chevau-légers, urant droit à Cahors » pour barrer la route aux vicomtes, qui se disposaient à rejoindre Condé et Coligny ?. Le chevalier de Monluc s’en alla au camp du duc d'Anjou; il arriva trop tard pour assister à la victoire de Jarnac (13 mars), dont Monluc apprit la nouvelle à Sainte-Foy cinq jours après son départ, vers le 17. Le 12, le chevalier était entré dans Bergerac, évacué par l'ennemi. Leberon y fut ensuite envoyé avec quatre enseignes, « affin de desmanteler la ville...; mais cella feut mal exécuté ». Un mémoire au duc d’Anjou éclaire ce détail; on ne trouva dans le pays aucun vilain qui voulût travailler à la démolition des remparts, « pour ce que tous sont de la nouvelle religion » 5. Monluc séjourna à Sainte-Foy plus de «€ cinq ou six sepmaines »; il y était encore au début de mai. Une lettre au roi le montre surveillant les vicomtes qui, depuis la défaite de Jarnac, lui paraissaient moins pressés de vouloir rejoindre l’amiralt. Pendant ce séjour, il se rendit à Montmoreau pour y « baiser les mains » du duc d'Anjou. If y arriva le 27 avril et l’accompagna
et une letire de l’évêque d'Agen, publ. par le même érudit (Lettres inédites de Janus Fregose, p. 14).
1. Voir le texte de cette commission dans OLxaGanay, ist. de Foix, Béarn et Navarre, p. 585.
2. Mémoire de Monluc au duc d'Anjou, Sainte-Foy, 13 mars (éd. de Ruble,
nn) 3. Mémoire au duc d'Anjou, Sainte-Foy, 13 mars. 4. Monluc au roi, Sainte-Foy, 16 avril (V, 155-156). — Sur ce séjour de
Monluc à Sainte-Foy, voir encore une lettre aux consuls d'Agen, du 18 mars, datée inexactement par De Rugce d’Astaffort (V, 154; la correction est due à Tor, Rev. de l’Agenais, XV, 337, note 3; déjà Barrère, Æist. du diocèse d'Agen, H, 308, avait parlé de cette lettre comme écrite de Sainte-Foy), et des lettres de sauvegarde au sieur de Saint-Germier, du 25 avril (V, 340).
5. Le duc était à Montmoreau le 11 avril; à cette date, il mandait aux contrôleurs et élus d’Agenais de lever trois cents pionniers et dix-huit charpentiers, de les outiller et de les faire conduire le plus tôt possible à son camp. (Arch. munic. d'Agen, BB, 30, fo 225 vo.) — Cf, Tnori, op. cul. (Revue de l’Agenais,