MONLUC SURVEILLE L'ARMÉE DES PRINCES
d'où, ayant appris que Damville voulait passer par Lavaur, il le mettait en garde contre le danger d’une « escorne », car Mongonmery venait de partir, le lundi 0 au soir, de Montauban vers Castres, sans qu'il fût d’ailleurs possible de soupçonner son dessein". Il ne put continuer sa route vers le Quercy. Un ordre de la reine lui enjoignit, le 25, de se jeter dans Bordeaux*. L’amiral et les princes, après avoir opéré, le 10 juin, leur jonction avec les reîtres du duc de Deux-Ponts, s'étaient avancés à Saint-Yrieix, menaçant le Périgord et tendant la main aux vicomtes *. Monluc en informa aussitôt Charles de Monfer- .rand, maire de Bordeaux, en le priant de communiquer la nouvelle au Parlement, « de tant que c’est chose qui requiert celerité »+, et de prendre toutes les mesures pour mettre la ville en défense. Lui-même expédia son neveu Leberon à Libourne et songea à retirer de Périgueux quatre compagnies du chevalier de Monluc pour renforcer les garnisons d'Agen et des autres places de la Basse-Guienne. Il demandait en même temps que Damville le secourût, pour lui permettre de rappeler les troupes qui surveillaient énigmatique Mongonmery du côté de Castelsarrasin et de Moissac®. L’alarme, on le voit, était vive. Elle ne fut pas calmée par le combat de la Roche- Abeille (25 juin). L'amiral, en effet, pour « rafraichir » ses reitres avides de pillage, se dirigea vers Thiviers et Périgueux ?. Monluc s’excusait tous les jours auprès de Damville de ne pas aller le rejoindre ; le duc d'Anjou lui enjoignait, du reste, à son tour, de se jeter dans Bordeaux et de pourvoir à la défense de
sence de ces troupes, voir deux lettres de Mme de Saint-Sulpice et de Mme d’Espagnac (Cagré, 0p. cit., col. 94, 96).