Bibl. munic. de Bordeaux, reg. secr., ms. 369, 3, fo
5. Il se justifie plus loin dans son livre de n’y être pas allé en personne parce qu'il jugeait sa présence plus nécessaire à Agen, afin de se trouver à portée de Damville, de pouvoir secourir Terride et d'aller combattre Mongonmery (LI, 269). La raison ne vaut rien : au début de juillet, il ne songeait pas à Terride et ne pouvait soupçonner les intentions de Mongonmery.
6. Monluc au duc d'Anjou, Villeneuve-d’Agen, 27 juin (V, 171).
7. Monluc à Damville, Agen, 28 juin, 1er et 2 juillet; Villeneuve-d'Agen,
3 juillet (V, 175, 176, 177, 180).
Bourg et de Libourne, l’informant qu’il avait, suivant son désir, demandé à Damville de appuyer". Au lieu de se rendre à Bordeaux, Monluc, qui était rentré le 28 juin à Agen, en repartit le 3 juillet pour Villeneuve. Il y apprit, le 7, que l'amiral, après avoir logé à Brantôme” et poussé jusqu'aux portes de Périgueux, remontait vers Confolens. Le mécontentement des reîtres à demi mutinés et la débandade des Provençaux de son armée l’obligeaient à s'éloigner. Monluc fut d'autant plus satisfait que ses compagnies avaient déclaré tout net que, n'étant pas payées, elles ne franchiraient pas la Dordogne *. Ses préoccupations ne lui faisaient pas, du reste, oublier ses intérêts personnels, et, . le 7 juillet, il adressait au roi, de Villeneuve, une grande lettre où il demandait qu'on lui confirmât la donation de lévêché de Condom, dont le titulaire Robert de Gontaut était gravement malade $. Le même jour, il annonçait à Damville qu'il quittait Villeneuve : « Je m’en vays jJusques Agen pour me faire pencer d'ung mal de tetin, quy m’est venu et me tourmente si fort que je ne puis durer, et en ay ung espèce de fièvre, sans lequel je n’eusse failly vous aller trouver®. » IT a fait, dans son livre, allusion à ce « grand floron », qui l’obligea à séjourner à Agen jusqu’au 14 : ses lettres à Damville nous donnent presque jour par jour le bulletin de sa santé7.
Tout occupé d'évoquer, à exclusion de tout autre incident, ses démêlés avec Damville, Monluc à omis tout ce groupe de faits, à l'exception du dernier. Il aurait eu pourtant avantage à rap-
1. Le duc d'Anjou à Monluc, camp de Lassac, 1er juillet (B. N., fr. 2342, fo 4o, copie du temps).