MONGONMERY FRANCHIT LA GARONNE
déjà signalées par de Ruble et par M: Tholin ', sont-elles simplement dues à la négligence et à la rapidité de la rédaction ? C’est possible, et nous savons de reste que Monluc ne se préoccupe guère de chronologie. Mais s’il est ici confus et obscur, il est permis de remarquer qu'il y avait quelque intérêt.
Après avoir mentionné l’avertissement de M. de Saint-Germain, Monluc, revenant en arrière, complète ce qu'il a dit des mesures de précaution qu'il avait prises en citant les dépèches qu'il envoyait au gouverneur de Verdun, M. de Saint-Girons, pour qu'il surveillât le passage de la Garonne dont la garde lui était confiée, et en insistant sur la confiance qu’il avait en Bellegarde, sénéchal de Toulouse, chargé de la défense du Comminges. Après cette digression, due au souci d’atténuer sa faute plus qu’au hasard de limprovisation, il reprend le fil de son récit et rappelle la trop confiante réponse que fit Terride à la dépêche par laquelle 11 Pavait d'urgence informé de l’imminent danger qui le menaçait *. Le 3 août, il signait à Agen une ordonnance enjoignant à tous gentilshommes de contribuer aux charges de la guerre *, lorsqu'il reçut, trois jours après l’avertissement de M. de Saint-Germain #, par son gendre Fontenilhes, une dépêche très alarmante de M. de Noé, son lieutenant, l’informant que Mongonmery avait passé la Save (sic) et l'Ariège et se disposait à franchir la Garonne à Saint-Gaudens. Les deux lettres de Fontenilhes et de Noé sont reproduites in extenso. M. Baudouin a remrqué très Justement qu’il y a heu d’en corriger le texte et de
annonçait au duc d'Anjou que Terride, voyant ses troupes se débander, avait levé le siège et battait en retraite vers Oloron (V, 171). Terride en eut lintention, mais les gentilshommes basques et béarnais de son armée l’en empéchèrent (BoRDENAVE, p. 252).
1. Je néglige la note de pe Rusce (III. 258), qui repose sur une date inexacte et ne tient pas compte de l'itinéraire de Monluc revenant de Toulouse à Agen. Taoux (Rev. de l’Agenais, XV, 339, n. ») pense que Monluc à confondu en un seul deux faits distincts : la levée, le 22 juin, des douze cents arquebusiers et le vote, le rer août, des subsides pour leur entretien. On peut l’admettre, mais l’espace de vingt jours n’en reste pas moins inexpliqué.
>. Bornenave dit que Terride « eut avertissement de plusieurs pars » (p. 257) et confirme ce que dit Monluc des pertes qu’il subit devant Navarrenx (pp. 250-251).