MONLUC A AIRE (19-23 AOÛT
avec des gens en peur, je n’estois si mal advisé, pour me mettre après toutes choses pesle mesle et luy faire compagnye en sa ruine. J’avois trop longuement gardé cest advantaige de n’avoir Jamais esté deffaict, pour l’hasarder pour le secours d’ung homme, lequel en despit de tout le monde se vouloit perdre. » La défense est assez piteuse. Il faut, du moins, lui savoir gré d’avoir rendu un bel hommage au hardi capitaine qui le fit ainsi reculer; il n’a pas dissimulé l’admiration très sincère que lui inspira sa « diligence », et il a déduit avec force les grandes conséquences qu'eut sa victoire pour la cause des réformés. Les succès de Mongonmery en Béarn permirent à l'amiral, comme il le dit très bien, de se relever de la défaite de Moncontour et d'accomplir, de janvier à juillet 1570, ce « voyage des princes » à travers le midi et le centre de la France, qui obligea la cour à signer la paix de Saint-Germain.
Le rr août au soir, le château d’Orthez fut sommé'. Les pourparlers de Terride et de Monluc avaient commencé le 8; ils durèrent donc bien « trois jours entiers ». Monluc dit qu'il resta encore trois Jours à Saint-Sever « jusques à ce qu'il fust prins dans le chateau d’Ortès », c’est-à-dire jusqu’au jour de la capitulation, qui fut signée le 15°. Ce jour-là, Monluc était de retour à Aire, d’où il écrivit à Damrville la lettre à laquelle il fait allusion, le pressant de s’en venir € en diligence par deçà avec toutes ses forces »*. Il y resta neuf jours, du 15 au 23, comme le disent les Commentaires, confirmés par une grande lettre de justification que Monluc adressait au roi le 8 novembre suivantt. Le 21, il écrivait à Damville, du camp d’Aire : « Je ne suys bougé de ce lieu d’Aire, encores qu’il soit ouvert, et faiz atalbanizer, estant à cheval jour et nuyt; si les ennemys