‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 454 sur 533 · Texte du ms., fo 341 vo · texte numérisé non relu

Texte du ms., fo 341 vo

5. Voir, sur ces deux personnages, deux notices des Æ/uguenots en Béarn, p. 99, n. 1 et 2. D’Audaux fut chargé en novembre d’aller rendre compte au roi des événements de Béarn jusqu’à la capitulation d’Orthez.

Terride « à une maison d’ung gentilhomme qui n'estoit pas en la terre de monsieur de Gramont ». Le soir, les deux gentilshommes béarnais prennent congé de Monluc et regagnent Orthez, escortés par Madaillan et quarante salades. Vers les onze heures, un peu au-delà de Hagetmau, ils rencontrent dans la nuit un marchand d’Orthez, qui leur apprend le désastre, bientôt confirmé par le capitaine Fleurdelis”. Le court récit de la surprise d'Orthez par Mongonmery et de la retraite de Terride et de ses capitaines dans le château se retrouve dans les trois lettres que Monluc adressa le lendemain « à haste » à Damville *. Il est suivi d’ane justification de sa conduite, qu'il a grossie après coup d’une longue addition, et où il s'excuse de n’avoir pas plus amplement conté le désastre : « De mauvaise viande, dit-il, on n’en sçaurait faire ung bon potaige*. » Bien entendu, il rejette toute la faute sur lentêtement de Terride à ne pas suivre ses conseils. Il ne veut pas avouer qu'il ne fut pas moins obstiné et qu'après avoir donné à son compagnon des avis, d’ailleurs judicieux, il refusa de bouger et de le tirer du mauvais pas où l’avait mis larrivée foudroyante de Mongonmery. « Quant à moy, dit-il, jy apportay tout ce que je peuz, car d’entrer plus avant en païs sans avoir entendu de luy Pestat, et combatre ung ennemy victorieux sans avoir des forces bastantes,

1. Jean de Fleurdelis, capitaine béarnais, était, d’après BoRDENAvE (p. 246), commissaire des vivres de l’armée de Terride. Voir deux documents sur lui dans Les Huguenots en Béarn, p. 127, n. 1, et p. 137.

2. Monluc à Damville, Saint-Sever, 12 août (V, 210, 212, 213). — Voir, sur la prise d’Orthez, les récits de BoRDENAVE (pp. 266-269), et d’'OLnagaray, Histoire de Foix, p. 617.

3. Il a parlé plus loin (IT, 328) de l'exécution à Navarrenx, dans la nuit du 21 août, de Sainte-Uolomme, Goas, Gerderest, Pordéac, Candau et Sallies, qu'il a contée dans une lettre à Damville, du 30 août (V, 230-231). Il note que les capitaines de Terride furent « dagués » sous prétexte qu’ils étaient sujets de la reine de Navarre, fournissant ainsi un argument aux historiens qui ont excusé Mongonmery (cf. Mancer, 0p. cit, pp. 108-109). — Sur le massacre de Navarrenx, voir les documents publiés dans Les Huguenots en Béarn, qui dégagent la responsabilité de Jeanne d’Albret : lettres de Fenario et de Montamat, des 17, 21 et 23 août; de Mongonmery, du 5 septembre, et un « Memoire de ce que fit le duc d'Anjou », du 28 (pp. 53, 55, 57, 61, 69). La nouvelle du massacre fut transmise au roi, du camp de Chinon, le 27 septembre, par le duc d'Anjou (B. N., fr. n. acq. 6003, fo 46, copie moderne), et à la reine-mère, par Neufville de Villeroi, le mème jour (B. N., Cinq-Cents Colbert, 24, fo 306,

orig. ).

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