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ENTRÉE EN CAMPAGNE DE DAMVILLE

les Commentaires. Cest le 6, en effet, que Marchastel, s'étant convaincu que son adversaire s'était levé plus matin que lui, s'enfuit vers le Mas-d’Agenais, d’où il alla rejoindre, le 10, Mongonmery à Grenade-sur-l’Adour. Une lettre qu'il adressait ce Jour-là à la reine de Navarre confirme le nombre de trois ou quatre cents chevaux que lui attribue Monluc'. Ce dernier, de retour à Agen, y trouva des lettres de Damville, qui lui mandait de ne pas abandonner le plat pays pour se rendre à Libourne, comme 1l en avait marqué lintention. Monluc lui répondit en acceptant de ne pas quitter la Gascogne et en lui proposant de marcher vers Nogaro et Mont-de-Marsan à la rencontre de l’ennemi. Mongonmery était, en effet, sorti du Béarn et venait d’occuper les principales places des Landes”. Le péril devenait de plus en plus imminent. Damville le reconnut enfin et donna rendez-vous à Monluc « dans cinq jours ». Sa nouvelle résolution est connue par une lettre qu'il adressait au roi le 21 septembre.

1. Marchastel à la reine de Navarre, Mas-d’Agenais, 6 septembre ; Amou, 19 septembre (Les Huquenots en Béarn, pp. 62 et65, n. 2).

2. Mongonmery, à son retour de Navarrenx, était passé par Pau, puis était allé prendre Tarbes, le rer septembre. Il descendit ensuite la vallée de l’Adour : Marsiac, Saint-Sever et Mont-de-Marsan se rendirent à lui. Le 11, il était à Grenade-sur-l’Adour (Mongonmery à la reine de Navarre, Grenade, 11 septembre, dans Les Hugquenots en Béarn, p. 64). Moxiuc a parlé plus loin (HI, 346) de la reddition de Saint-Sever « après la bonne besongne que fit le capitaine du chasteau »; il disculpe le capitaine Montaut d’avoir été pour rien dans la capitulation et ajoute que la compagnie qui s’y trouvait en garnison se retira à Dax. Borpenave (p. 287) a mentionné la capitulation de Saint-Sever, moyennant quinze mille livres : « Les deux compagnies qui estoient à Sainct-Sevé, dit-il, se retirèrent à Aqs. » Mongonmery bläma fortement Bassillon de leur avoir permis la retraite.

3. Dans cette lettre, Damville explique fort cavaliérement qu’il a jugé inutile d'intervenir après le désastre de Terride et qu'il a préféré remettre en l’obéissance du roi les places du Languedoc. Puis il ajoute : « Et estant en la ville de Muret, qui faict la separation de Guyenne et Languedoc, voicy arriver plusieurs plaintes, remonstrances et crieries des massacres, cruaultés et tyrannyes plus que barbares, que les ennemys exerçoient partout où 1lz passoyent sur voz pouvres subgectz de Gascoigne, Bigorre et nottament en ce conté d’Armaignac, ruynant et pillant les villes, dont d’aucunes tyroient grandes et notables sommes de deniers, tellement que, voyant tout le pays de Gascoigne en tel effroy, et pour eviter qu'il n’arrivast pis, laissant pour la seconde foys mes desseingz, il m'a semblé que je ne pouvois mieulx faire pour votre service que de venir empescher telles inhumanitez et cruaultez desordonnées et combatre le conte de Montgomery, si l’occasion se presentoit. » (Damwille au roi, Grenade, 21 septembre, B.N., fr. n. acq. 6013, fo 57, copie moderne.)

Nous ne possédons, pour contrôler cette partie du récit des Commentaires, qu’un trop petit nombre de pièces originales. La correspondance de Monluc, si riche pour les mois de juillet et d'août, présente ici une lacune. Mais son récit est très détaillé et fonrnit jour par jour Pindication des étapes qui, combinée avec trois documents, permet de reconstituer son itinéraire. Une commission déjà citée mentionne sa présence à Agen le 10 septembre. Il dut en partir ce jour-là et rejoignit Damville à Auch le 13°. Le 14, il loge à Vic-Fezensac; le 15, toute l’armée, dont il donne un dénombrement détaillé, arrive à Nogaro; le 16, a lieu le conseil où Monluc propose de marcher immédiatement sur Grenade et Cazères. Damville refuse d’abord, puis hésite, enfin consent à aller jusqu’à Grenade. On chercherait en vain la trace de ses atermoiements, que Monluc conte par le menu, dans la lettre déjà citée. On n’y trouve rien non plus sur l’aigre discussion qui s’engagea entre les deux lieutenants de roi : Monluc sommant Damville de prendre la responsabilité des affaires, puisqu’aussi bien ses pouvoirs s’étendaient, en dehors du Languedoc, au Dauphiné, à la Provence et à la Guienne, Damville répondant que chacune de ces provinces avait son gouverneur responsable. Damville s’y vante simplement d'avoir marché Qà telles et si grandes journées » qu'il a failli surprendre l'ennemi. Il fait certainement allusion à la pointe hardie que, le soir du 16, Monluc, avec sa compagnie et la noblesse gasconne, poussa vers Grenade, d’où Mongonmery venait de déloger, pour y surprendre quatre-vingts ou cent chevaux laissés en observation. L'entreprise ne réussit pas : une pluie torrentielle lobligea à s'arrêter à Gaube, maison de l’évèque de Valence”. Une autre reconnaissance, dirigée au même moment sur Cazères par l’Estang de Cornusson et quatre cornettes de cavalerie, ne fut pas plus heureuse : lenseigne du capitaine Saint-Projet se laissa surprendre avec douze salades, à la porte de Grenade. Les

1. C'est par erreur que le marquis D’Augais à placé le 13 la pointe poussée par Monluc vers Mont-de-Marsan (Pièces fugitives, X, Histotre des querres du Comtlat Venaissin, p. 289).

2. De Ruse à imprimé par erreur Gaure. Le ms. porte Gaube. — Gaube, quartier de la commune de Perquie, cant. de Villeneuve, arr. de Montde-Marsan.

3. Une lettre de Damville au roi, du 1er novembre 1569, dit que l’enseigne

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