UNE CONSPIRATION CONTRE MONLUC
analyse détaillée, conforme à celle qui se retrouve au début de la lettre au roi du mois de mars".
Son récit présente ensuite une lacune de trois mois que nous avons déjà en partie comblée. C’est ici que se placent, en effet, le voyage à Bordeaux et lexpédition de La Roche-Chalais, insérés à la fin du livre VI. Il convient d'y relever aussi une allusion très obscure, que M. Tholin à, en partie, élucidée?. Au mois de mars, une conspiration fut tramée à Agen contre la vie de Monluc. Sur sa demande, la jurade lui accorda une garde de douze gentlshommes 3. La phrase des Commentaires laisse entendre que le promoteur du complot fut Ottavio Fregoso, le vindicatif capitaine des galères, avec qui Monluc avait eu de violents démêlés en février 1569 *. Cette querelle privée en fut-elle l’unique cause ? la dénonciation portée récemment contre Damville y futelle absolument étrangère? Fregoso joua-t-il le rôle d’un spadassin à gages? La lettre adressée à cette occasion par Charles IX aux consuls d'Agen tendrait, en tout cas, à prouver que la cour ne vit pas d’un mauvais œil la tentative faite pour la débarrasser d’un personnage de plus en plus « fascheux » *.
La première rédaction se termine par un dernier grand récit : l'expédition de Béarn, interrompue par l’arquebusade de Rabastens (juin-juillet 1570). Monluc oublie d’en indiquer la cause’ ; il se borne à mentionner les lettres du roi qui lui confiaient la mission d’envahir les états de Jeanne d’Albret. Elles furent anté-