‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 488 sur 533 · Bibl. munic. de Bordeaux. ms. 369, 4, Fos · texte numérisé non relu

Bibl. munic. de Bordeaux. ms. 369, 4, Fos

2. Arch. dép. de Lot-et-Garonne, Jurades de Francescas, BB, 2.

3. Les Commentaires finissent sur l'intention exprimée par l’auteur de se retirer au prieuré de Sarrancolin, dans la vallée d’Aure. Monluc avait dû le visiter au cours des «€ saisons » qu'il fit, depuis 1571, aux eaux des Pyrénées. On a vu plus haut (p. 578, n. 1) qu'il y était allé, en avril 1571, pour soigner ses blessures. Il y revint tous les ans : le 13 septembre 15975, il signait à Bagnères-de-Bigorre un certificat attestant la ruine de tous les établissements ecclésiastiques du comté de Bigorre par Mongonmery en 1569, par les vicomtes en 1570, et le pillage des villes de Tarbes, Ibos, Maubourguet, Lourdes, en janvier 1571, par Montamat, Ce document, dont on trouve des copies à la Bibl. Nat., fonds latin 12773, fos 255-256, fonds Périgord, vol. A, 8-15, F0 205, aux Arch. des Basses-Pyrénées, E, 891, aux archives de Tarbes et au chartrier du grand séminaire d’Auch, a été publié par Davezac-Macaya, Essais hist. sur

le Bigorre, W, 212.

L'auteur des Commentaires prévoyait-il que son livre serait un jour soumis à lPépreuve d’une critique rigoureuse ? Il était, du moins, persuadé que lon contesterait son témoignage. Dans la péroraison qui terminait sa rédaction primitive, il avait dit : € Or, seigneurs et cappitaines, qui me fairés ceste honneur de lire ma vie, Je suys certain qu’il en y aura beaucoup qui mectront en disputte mon escript veoir si Je y auray couché aucune mensonge... » Monluc s’abusait. Lorsque louvrage parut, il fut accueilli avec une respectueuse confiance, dont lopinion de Brantôme donne une idée exacte. Les historiens, éblouis par la richesse prodigieuse de l'information, l’accumulation étourdissante des détails, la précision imposante du récit, acceptèrent à peu près tous sans hésiter les affirmations d’un témoin qui ne racontait que ce qu'il avait vu, ne se flattait pas de tout savoir, avouait parfois son ignorance, étalait avec une franchise terriblement naïve ses actes les moins recommandables. Sans doute, on faisait remarquer qu'il était sage de tenir compte de son tempérament de Gascon; mais on négligeait de dire dans quelle mesure et à quels endroits. Puis le prestige de la forme emportait tout : comment ces narrations, qui donnent au simple lecteur une impression si forte de vérité, n’auraient-elles pas été véridiques”? Les historiens cédèrent sans peine au charme; ils adoptèrent Monluc et lorsque l’occasion s’offrit à eux de lui faire des emprunts, ils regardèrent comme une bonne fortune de pouvoir réchauffer leurs récits au contact de sa flamme gasconne. Mais pourquoi et comment ont été composés les Commentaires ? De quels moyens lPauteur disposait-il pour les rédiger? Dans

1. Texte du ms. (F0 {oi ro). — Cf. le texte de De Rugce, IL, 513, où on lit touché au lieu de couché.

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