MONLUC JUGE DE SES CHEFS
Noires, qui « entendoict plus à fere la guerre que tous ceux qu'estoinct par lors auprès du Roy »'; André Doria, dont il dit avec bonheur qu’« il sembloict que la mer redoutast cest
homme »*; Leone Strozzi, le prieur de Capoue, « ung vaillant homme, s'il en y avoict en terre ny sur mer, et ung bon serviteur du Roy » 3, Çautant craint des Turez et des chrétiens » f,
Les jugements qu'il porte sur ses chefs sont empreints ou d’une grande réserve où d’une respectueuse déférence, à tra- . vers laquelle perce parfois une sincère affection. Lescun était « homme robuste et de grand cœur »*, Pedro Navarro « ung homme de grand esprit »6, Termes « fort advisé et homme de bien »7, Pietro Strozzi © un bon serviteur du roi et ung vaillant homme, s’il en y avoit en la France »*. Dans sa première rédaction, il avait affirmé que Lautrec fut innocent des désastres de la Bicoque et de Naples, que la France « n’a jamais eu cappitaine doué de meilleures parties que celuy-là », mais qu’« il estoit malheureux et mal secouru du Roy, après qu’on Pavoit engagé »°...; et son jugement est intéressant et mériterait d’être examiné de près. Dans deux additions, après avoir lu du Bellay, 1l a timidement inséré une réserve : Lautrec « ne croyoit guières personne », hors «sa teste » °. Au siège de Marseille, en 1536, il eut à se plaindre de Barbezieux, qui lui déroba l’honneur de la destruction du moulin d’Auriol : il ne récrimine pourtant pas; c’est à peine si, dans une addition, il dit sobrement : « Monsieur de Lautrec n’eust pas faict cella !", » Il eût eu pourtant beau jeu à critiquer l’impéritie de Barbezieux, cet amiral d’antichambre. Il n’est pas moins discret sur une autre créa-
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